La ville est l’avenir de l’écologie

      On peut penser – à tord – que les villes sont néfastes à l’environnement. Pourtant, l’antipathie à l’égard du béton qu’entretiennent nombre d’écologistes n’a rien de rationnel. Ce n’est pas dans le passé, à travers un retour à la campagne par exemple, que se joue l’avenir de l’écologie. Mais plutôt en ville. Et grâce à l’innovation. 

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   Pour que l’avenir soit plus vert, il doit être plus urbain. En effet, les mégalo-métropoles, densément peuplés, offre un mode de vie bien plus écologique que les banlieues. Et ce, même si la maison individuelle avec un jardin a l’air moins agressive pour l’environnement qu’un gratte ciel dans une rue bétonnée, car elle consomme beaucoup plus d’électricité qu’un appartement et est souvent plus éloignée du lieu de travail.

   D’autre part, les transports en commun, plus développés dans les villes densément peuplés, sont beaucoup moins gourmands en énergie. Enfin, au cœur des villes, les gens partagent les espaces publics collectifs, les restaurants, les bars et les musées. Ainsi, la faible densité et  les maisons isolées en périphérie sont des ennemis de l’écologie.

  Dans les années 1970, Jane Jacobs soutenait qu’en nous regroupant dans des Tours et en allant travailler à pied, nous pouvions réduire notre impact négatif sur l’environnement. Cette thèse a été développée par David Owen dans Green Metropolis.

 

New York, paradis écologique américain

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    La ville-symbole même du consumérisme et du capitalisme à l’américaine s’impose en fait comme la métropole le plus économe en matière d’énergie des Etats-Unis, avec l’emprunte carbone par habitant la plus basse du pays (7,1 tonnes annuels de gaz à effet de serre par résident, alors que la moyenne nationale est de 24,5 tonnes). 

    Ceci s’explique d’abord par un système de transports publiques ultra développé et efficace : métro le plus étendu du monde en termes de kilomètres de voies, pont suspendu le plus long d’Amérique du Nord, des milliards injectés récemment pour rénover et étendre le réseau,… Aux États-Unis, environ un tiers des usagers des transports en commun, et deux tiers des usagers des transports ferroviaires, vivent dans l’agglomération de New York. 

   D’autre part, New York est la seule ville américaine où marcher et se déplacer en vélo sont des options viables. Avec une densité importante à Manhattan, 112 000 cyclistes quotidiens et dans quelques mois un système de vélib’, on comprend pourquoi la consommation d’essence est actuellement au même niveau que dans les années 1920

 

Londres tiraillé entre deux visions écologiques antagonistes

      Londres semble prendre le chemin du développement durable et s’engage de plus en plus pour limiter les dégâts du changement climatique. Le prince Charles est même devenu une figure importante de cette lutte. Pourtant, certaines de ses actions semble contre-productives. Il privilégie une agriculture durable mais rejette toute forme de modernité et a par exemple fait échouer un projet de gratte-ciel dans le centre de Londres. Selon lui, seule l’architecture britannique traditionnelle n’est acceptable. Cette vision empreinte de nostalgie empêche l’innovation et ignore les bienfaits de la densité. 

   Contrairement à cette vision "conservatrice" de l’écologie que défend le prince Charles, Ken Livingstone, maire de Londres de 2000 à 2008, a oeuvré pour protéger l’environnent, mais sans avoir peur des nouvelles constructions et des innovations urbainesPremièrement, il a aussi compris l’intérêt des gratte-ciels et de la densité urbaine. Un quartier comme Canary Wharf a ainsi permis à l’industrie des services financiers de disposer d’espaces modernes. Deuxièmement, il a réduit le trafic automobile grâce à un péage de 5 livres à l’entrée de la zone centrale de la capitale. Les recettes de cette taxe ont été réinvesties dans les transports publics. L’incitation a été claire : les 15 premiers jours, la circulation diminua de plus de 20%, tandis que l’usage des transports en commun monta en flèche. 

    S’opposent donc deux visions : d’une part, une vision rurale et traditionnelle, qui prône un retour à d’anciens modes de vie et à des bâtiments d’un autre siècle ; de l’autre, une vision urbaine et audacieuse, qui privilégie la densité (et donc les gratte-ciels) et les transports en commun.  

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