Capitale du monde

Where is « THE » City ?
Quelle ville aujourd’hui peut se vanter d’être plus qu’une ville-monde, d’être LA ville-monde, la capitale mondiale ? Et d’abord, y a-t-il un épicentre, un point d’où tout part et par où tout finit par repasser ? Question épineuse s’il en est ! On conseille à chacun de prendre des pincettes. Si New York, auréolé de son rayonnement post-seconde guerrière mondiale, n’est guère susceptible, le sujet est plus que sensible en Europe où Londres dénigre Paris qui n’a toujours pas digéré de perdre pour la troisième fois consécutive les JO face à sa concurrente britannique en 2012.
Le débat fait rage et passionne les foules voire agace les maires des grandes villes. Après Paris au XIXe, New York au XXe, Londres serait la capitale du monde au XXIe. C’est du moins ce que l’on répète depuis le début du siècle. En Décembre 2007, une nouvelle étude (1) affirma que Londres éclipse soixante rivales mondiales en tant que locomotive économique et culturelle. Suite à des mois de recherche concernant la population, les marchés financiers, le tourisme, le système de transports, les événements sportifs et culturels, l’étude conclue que Londres est la capitale du monde. New York, battue de deux points, se plaça deuxième. Paris, à la traîne de 10 points derrière Londres, arriva troisième et remporta le titre de capitale du continent européen grâce à son influence économique et ses aéroports internationaux. Selon Ken Livingstone, cette étude montrait que la force de Londres résidait dans son caractère multiculturel (2). Ainsi, depuis cette étude, Londres n’en finissant plus d’être encensé voit dans sa sélection pour les JO la preuve de sa nouvelle gloire pleinement assumée et affichée. 

(1) Cette étude réalisée par The Independent permet pour la première fois une comparaison directe des villes mondiales. 
(2) Ken Livingston : “London is establishing itself as the world’s number one financial centre and greatest city in the world. Londoners are proud of our ‘unity in diversity’ and regard the multiculturalism of our city as one of its greatest strengths. With over 300 languages spoken here, London is literally the most international city in the world. Its financial sector, its creative industries and its tourism industry all rely, in different ways, on their relations with the rest of the world and, with the achievements of winning the Olympic Games and hosting major sporting events like the Tor de France, we have proved the success of becoming the city that embraces globalisation.
A peine couronnée, voilà que les doutes s’installent, voilà que l’on serait tenté de lui reprendre sa couronne. New York, affaibli par le 11 septembre, ne le fut que momentanément : le temps d’un sursis à peine…. chuter pour mieux rebondir. La Pomme fait son grand retour, plus surprenante que jamais, à un moment décisif. Obama a ressuscité l’Amérique de tous les possibles, le rêve américain et, par la même occasion, le soft power (3).
(3) soft power : le fait d’obtenir ce que l’on veut en cooptant ou en utilisant son attraction plus que par le hard power de la force et de l’argent. Dans ce contexte en particulier, cela fait référence à l’influence culturelle des Etats-Unis qu’ils peuvent utiliser pour contrôler le monde. L’autre possibilité serait militaire (= hard power).
Seulement ce retour anticipé de New-York n’était qu’un pressentiment avant le mois fatidique d’Octobre 2008. Un nouvel index des villes mondiales a été établi par la firme de consulting en management international, A.T. Kearney, le Chicago Council on Global Affairs, et le magazine FOREIGN POLICY. New York aurait dépassé Londres et repris sa place de leader mondial. Horreur my Lord ! Ces nouvelles données en 2008 redistribuent les cartes d’autant plus que 2008 marque le cap des 50% du taux d’urbanisation mondiale. La prédominance de New York, Londres et Paris en tant que villes « les plus  globales » se voit confirmée mais on y révèle aussi que ces villes au top font face à une concurrence de plus en plus forte des villes émergentes comme Pékin, Moscou, Shanghai et Dubai.

Top 10
  1.  New York
  2.  Londres
  3.  Paris
  4.  Tokyo
  5.  Hong Kong
  6.  Los Angeles
  7.  Singapour
  8.  Chicago
  9.  Séoul
  10. Toronto

Certes New York a été ressuscitée depuis le 11 Septembre mais qu’en est-il de Paris ? Grande concurrente de Londres ou ville musée suspendue dans le temps par ce désir de rester belle ? On la prétend morte, en « muséification« . FAUX. Elle vient de reconfirmer en 2008 sa position de leader économique en Europe. Paris Capitale est la ville la plus grande et la plus riche du vieux continent, devant Londres qu’elle talonne pour nombre de critères sur le plan international. Reste-t-elle reste pour autant dans la course ? Certainement et si ce n’est pour le titre de capitale mondiale, elle se contenterait bien de sa première place en Europe. Prétentieuse semble alors la phrase du maire de Londres (ou devrait-on dire sentence ?) :We don’t think of ourselves as in competition with Paris. We’ve won that contest. We measure ourselves against New York.

LONDRES

De nos jours, Londres représente le futur. Soyons-en certain. New York est restée très américaine de la même manière que Paris est restée très française. A l’inverse, Londres attire des travailleurs du monde entier et accueille des millionnaires par centaines, notamment des pays émergents. Depuis le 11 Septembre, les Etats-Unis restreignent l’accès au territoire ce qui remet en question l’arrivée de scientifiques qui pourtant participent au fameux « brain drain ». En comparaison, les frontières ouvertes du Royaume-Uni et le régime de taxes sont devenus un avantage compétitif. Londres est plutôt passport-blind
Pourquoi cette ville est-elle devenue si internationale ? Il faut bien préciser que Londres ne peut se payer le luxe d’être de facto la capitale d’une économie continentale. A défaut d’être le centre de la vieille Europe, la ville profite de son avantage géographique, centre du monde, et du plus grand marché mondial, l’Union Européenne. De Londres, on peut téléphoner à Tokyo le matin ou en Amérique l’après-midi (même sur la côte Ouest). Un homme d’affaires peut prendre un avion de Bombay et être à Londres en sept heures et de Pékin en neuf. C’est clairement une des raisons pour laquelle Londres est devenue une capitale mondiale de la finance tandis que New York est essentiellement restée une capitale financière intérieure. 
Jusqu’à présent, New York a toujours dominé. Néanmoins, la capitale british se paye le luxe de mener la danse dans certains secteurs en pleine expansion. Le capital humain financier à Londres augmente tandis que celui de New York diminue. En effet, La City a vu la création de 13 000 jobs entre 2002 et 2005 (+ 4,3 %). Le London Stock Exchange est une place boursière globale : on y compte pas moins de 500 compagnies cotées en bourse et en provenance de plus de 60 pays différents.
Economiquement, les deux villes sont des centres internationaux exceptionnels mais culturellement (dans son acception populaire), Londres l’emporte. Dans l’ancienne capitale d’un empire tel que l’empire britannique, les influences se perçoivent toujours. On peut y manger un excellent indien ou un délicieux libanais. On peut aussi trouver une typical and tasteful custard pie de Lisbonne ou un restaurant gastronomique français. Londres est une mini-planète à elle seule. Le monde tient dans une seule ville : Londres est historiquement faite d’immigrés. Le londonien pure souche est une espèce rare. Qu’ils s’agissent de romains, de vikings, d’anglo-saxons, de normands, d’huguenots ou de jamaïcains, la ville a toujours su assimilé des gens d’ethnies diverses.  Qui que l’on soit et d’où que l’on soit, on s’y sentira chez soi. De surcroît, Londres s’impose depuis peu comme un haut lieu du prêt-à-porter, concurrençant ainsi Paris, New York et Milan. Il suffit de se balader dans les rues de Londres pour constater que les trottoirs s’apparentent parfois à des défilés de mode. De plus, la ville est boostée par sa proximité avec l’Europe, la Russie et le Moyen-Orient.
Cette attraction inquiète la France. En témoigne la visite de Nicolas Sarkozy à Londres. A l’époque candidat à la présidence, il tentait de s’attirer les faveurs de ces précieux cadres qui avait quitté Paris pour jouir d’un niveau de vie plus élevé à Londres. Londres est depuis quelque temps la cinquième ville française : 300 000 français y habitent et travaillent.
L’ironie de l’histoire, c’est que Londres est actuellement excitante et cosmopolite en grande partie grâce à l’influence des USA. Londres prend aisément le dessus sur Paris parce qu’elle est anglophone. Sans le soft power américain, Londres ne se serait jamais imposée comme une (la ?) capitale de notre bas monde. 

NEW YORK
« Hello Upper East Siders…. Gossip Girl here, your one and only source into the scandalous life of Manhattan’s elite…. » Cette phrase est déjà mythique pour toute une génération : c’est de cette manière que chaque épisode du show américain phare de CW débute chaque lundi soir. La ville du tournage, New York, n’y est pas pour rien dans le succès de la série et vice versa. La série a balayé les anciens à la Beverly Hills 90210 ou 7 à la maison qui se tournaient sur la côte ouest, à Hollywood. Désormais le « in », c’est New York… c’est la high society de New York…. et donc du monde. Justement, qui sont ces « Upper East Siders » ? Y a-t-il vraiment des Serena Van de Woodsen, des Blair Waldorf, des Chuck Bass et des Nate Archibalt ? Cette jeunesse dorée pullule et se reproduit à la vitesse de la lumière. L’Upper East Side se compose des trois codes postaux les plus riches de tout le pays. Manhattan entier est devenu une fourmilière de riches. L’Upper East Sider combat l’absurdité de la vie au moyen de clubs chics, d’écoles élitistes, d’esclaves par dizaines attentifs à leur moindre désir et de co-ops (4)
(4) Immeubles dans lesquels, pour avoir le privilège d’emménager, il faut l’accord des autres propriétaires.

Blake Lively, l’héroïne de Gossip Girl actuellement à affiche de Vogue US…..
Vous en doutiez et pourtant, le fait est là : la ville-monde a retrouvé sa capacité de création. Dans la Grosse Pomme, le mouvement perpétuel constitue la norme. Les yeux se régalent chaque jour même si l’on y habite depuis longtemps. On ne se lasse pas de New York. 
Mis à part ces atouts évidents de ville-monde, New York s’impose comme la ville où l’on peut réussir. Loin des hiérarchies parisiennes et londoniennes puissantes et rigides, héritées des monarchies de droit divin centralisatrices, les New Yorkais ne regardent pas d’où on vient ni où on va. Alors bien sûr, la ville reste culturellement moins innovante que d’autres métropoles plus vibrantes mais si l’on veut se faire un nom dans l’art, les médias, le business, la finance ou la diplomatie, tous les chemins ont mené et mènent encore à…. New York. C’est sans aucun doute la capitale du succès, de la réussite. Elle incarne le rêve américain. Des millions d’assoiffés y vivent et lui donnent son caractère hautement créatif et caméléon. 
A l’image de notre monde, l’argent règne en maître et structure tout : l’argent que l’on veut, l’argent que l’on dépense sans compter, celui qu’on a pas, celui qui nous achète, etc… Avec la faiblesse du dollar et la stabilité de l’euro, les européens raffolent plus que jamais de cette capitale mondiale. En effet, Londres est absurdement hors de prix : le coût de la vie à New York est à peine la moitié de ce qu’il est à Londres (avant l’effondrement de la livre puisqu’actuellement, les européens se jettent sur des billets pour rejoindre la capitale du shopping de masse, profitant du taux de change plus qu’avantageux).

PARIS
Paris serait définitivement hors course. N’en soyons pas si certain ! La ville n’est qu’un paradis à touristes mais aussi le coeur économique européen. La vie parisienne correspond au fameux Metro, boulot, dodo. Pourquoi l’aire urbaine de Paris est-elle la première ville économique en Europe (et la cinquième dans le monde après Tokyo, New York, Los Angeles et Chicago) ? La ville influe considérablement les domaines de l’éducation, du divertissement, des média, de la mode, de la science et de l’art. Beaucoup d’organisations internationales ont leur siège à Paris comme l’UNESCO, l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique) et la Chambre Internationale de Commerce. Paris attire plus d’investissements internationaux que Londres. 

Comment la capitale française réussit-elle à être si attractive ? De par la stabilité de son économie. Une grande partie de son PIB provient du tourisme. Effectivement, la destination la plus populaire du monde accueille plus de 30 millions de visiteurs étrangers par année. Quant à l’immobilier, il est relativement stable. Dans le Top 10 des investissements dans le monde, la ville arriva quatrième. (source : AFIRE, Association of Foreign Investors in Real Estate). Paris en tant que centre majeur de business et de culture s’explique par le prestige dont jouit la ville : les Champs Elysées sont plein de bureaux occupés par une ou deux personnes seulement dans le seul but d’avoir une adresse prestigieuse. En 2005, Paris était la seule ville en Europe dans laquelle les deux secteurs (industriel comme tertiaire) avaient progressé. Les investissements étrangers ont permis la création de 6 000 emplois, plus que Londres et Barcelone réunies. En 2006, parmi les 500 plus grandes compagnies du monde, 27 avaient leur siège à Paris : après Tokyo (52) mais devant New York (24), Londres (23) and Pekin (15).
Le quartier d’affaires parisien se répartit sur plusieurs parties de la capitale.L’opéra (9ème arrondissement) accueille la plus grande concentration de bureaux, banques et sièges  d’entreprises. Le Palais de la bourse, les sièges sociaux des géants de la finance côtoient les cafés et grands magasins de ces avenues haussmaniennes. La défense qui s’étend à l’ouest du centre parisien, dans le prolongement du Louvre et des Champs Elysées, constitue le quartier d’affaires, construit uniquement pour accueillir des bureaux, le plus grand d’Europe. Quelques 30 000 personnes s’y dirigent quotidiennement. Depuis quelques années, le parc immobilier de La défense est étendue de manière considérable, grâce notamment à de nombreuses tours en projet.
Enfin, alors que le revenu londonien vient en grande partie de la finance internationale, marché qui subit actuellement la crise de plein flouet, le domaine du luxe ne s’est jamais aussi bien porté et est même un des marchés les plus prometteurs. Les suites sont paradoxalement plus que rentables (un palace est rentable à partir d’un taux de remplissage de 60%). Dès lors, de nouveaux hôtels et magasins de luxe poussent dans le Paris chic….. La nouvelle boutique Bvlgari avenue george est un gigantesque magasin à deux étages de presque 1 500 mètres carré. L’ « institut Dior » dans le Plaza Athénée (un des six hôtels luxueux de la capitale) vient d’ouvrir. Trois nouveaux hôtels luxueux voient le jour dans l’Ouest parisien. Parmi les six existants, quatre ont dû se rénover pour faire face à l’arrivée de ces 400 nouvelles chambres.
…. Que conclure ?
Des prestiges du passé….. 
Londres scintille et a retrouvé son heure de gloire grâce au coeur financier qu’est la City. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque de l’empire, la City était le poumon économique du monde…. Paris bénéficie d’un prestige dans le milieu de la mode, de la gastronomie, du luxe et de la culture (littérature, musées, cinéma,…). Ce prestige est aussi héritée du passé : non de l’empire colonial français mais de la domination culturelle dont faisait preuve la France. Cette domination fut d’abord naturelle  : la France était le pays le plus peuplé, le plus puissant et le plus admiré en Europe. La cour de la France absolutiste était un modèle sur tout le continent, de Vienne à St Pétersbourg. Par la suite, cette domination culturelle se manifesta avec les Lumières et la Révolution Française, qui firent de la France le pays le plus avancé en matière de droits de l’homme et de démocratie universelle. Enfin, cette domination devint militaire sous Napoléon. Au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes et, par conséquent, des idées françaises révolutionnaires, les peuples européens se rebellèrent contre l’envahisseur. Ainsi, que ce soit par la force (l’empire colonial « censé » apporter la civilisation) ou par un rayonnement culturel, Paris a toujours tenté de diffuser les valeurs et la culture françaises. L’après-guerre a vu la France rester sur le devant de la scène avec des intellectuels comme Sartre, De Beauvoir ou encore Camus. 
Un Paris à la traîne….. 

Aujourd’hui, mis à part la fameuse « exception culturelle », Paris n’est plus le centre intellectuel du monde et n’est plus le centre tout court. Paris n’a plus les moyens d’être la capitale du monde par rapport aux deux géants anglophones. 
Paris fait de l’ombre à Londres et menace son titre…. non en vue de lui prendre la couronne de capitaledu monde mais en vue de maintenir son leadership européen. Londres serait de loin le centre du monde, si elle était d’abord le centre de l’Europe. Paris ne pèse finalement pas autant dans la balance que  ses concurrentes anglophones mais elle joue assurément à la défaveur de Londres.
Paris doit désormais miser sur les forces de sa compétitivité économique pour ne pas « être » seulement capitale économique européenne mais « avoir l’image » d’une capitale européenne. Paris est actuellement desservie par son image de capitale du tourisme mondial. Paris est restée capitale mondiale de la culture et n’ a pas encore réussi à sortir de cette image aux yeux de certains milieux d’affaires internationaux. Rien n’est toutefois perdu. Notre monde de l’image et de l’esthétique ne peut tourner le dos à une ville réputée pour être la plus belle du monde. Woody Allen a quitté New York pour Londres qu’il a jugé trop « américaine ». Désormais amoureux de l’Europe (depuis qu’il a tourné à Barcelone), son rêve est sur le point de se réaliser : tourner à Paris dès l’été…. à la plus grande joie de l’hexagone. 
Deux anglophones aux coudes à coudes….. 
A New York et à Londres, les deux quartiers d’affaires se nomment « the city » ce qui est assez symptomatique (5).  Les deux s’imposèrent évidemment d’abord comme centre de la ville avant d’être des épicentres mondiaux. De la City à Londres se dirigeait l’empire économique où « le soleil ne se couchait jamais » et ce fut à partir de Manhattan où arrivaient les colons que se peupla le continent nord-américain qui devint la première puissance mondiale.  
(5) City = surnom de Manhattan et nom du quartier d’affaires à Londres

Capitale mondiale vs capitale globale….. 
On pourrait conclure en risquant un jeu de mot : les deux villes arrivent en tête mais siNew York demeure la capitale mondiale, Londres la capitale globale. Explication : la capitale mondiale est à prendre dans sa globalité. C’est une capitale complète, qui englobe notamment le volet imaginaire. Les Nations Unies sont à New York et l’américanisation n’est plus à démontrer. A l’inverse, Londres, la première ville globale, se caractérise par une définition de capitale que l’on pourrait qualifier de post-globalisation financière. New York représente l’américanisation et vit de l’american dream que tout un chacun adopte. Par effet de contraste, Londres n’impose pas ses valeurs ou plutôt reflète des valeurs « globales », multiculturelles qui en font plus une mini-planète, que le centre générateur de culture de notre planète. Si NY définie le métropolitain, Londres définie le cosmopolite. On a dès lors à faire à deux capitales d’un autre ordre mais toutes deux de facto capitale du monde. 
Trois centres culturelles décisifs qui se complètent….. 
La reine mère Londres, autrefois épuisée et en perte de vitesse, resurgit depuis peu. La reine, New York, a pris conscience de la fragilité de sa prééminence, prééminence qui est loin d’être définitivement acquise. Quant à la cousine française, elle ne devrait pas être sous-estimée. Les trois villes sont des capitales culturelles du monde. Paris défend avec grandeur sa place de capitale de l’Europe qui lui garantit le titre de capitale historique et donc culturelle (dans son acception noble). Le prestige du Paris artistique et intellectuel n’est pas qu’un vestige du passé. L’offre des expositions et musées parisiens en témoignent. Londres est la capitale culturelle dans son acception la plus basique : le multiculturalisme et l’internationalisme sont érigés en règle. Finalement, New York est et a toujours été capitale du marché culturel, du business de la culture (oeuvres d’art, télévision,…), de la culture de masse qui façonne notre pensée et conditionne notre imaginaire.
K.O…… 
C’est la guerre mais ne dramatisons rien. Elles survivront toutes ! Premièrement, une concurrence entre NY et Londres ne peut être que positive, les poussant à se dépasser. Paris aurait certes les atouts d’une capitale mondiale mais n’en a pas la carrure : structurellement, Paris n’est pas prête à accueillir le monde et ses influences diverses. Dieu merci. … Félicitons-nous plutôt de l’incapacité parisienne de se mondialiser à outrance. Qui voudrait d’un Paris internationalisé et donc anglophonisé, starbucksé et…. ? Qui voudrait que Paris repousse ses frontières et abandonne son urbanisme haussmanien certes rigide mais qui en fait une des plus belles du monde, si ce n’est LA plus belle ? Il faut toutefois une instance indépendante de l’Ile de France qui gère les grands projets et restructurations de l’aire urbaine de Paris à une échelle conceptuelle pertinente pour notre XXIème siècle. Une telle institution pèserait mondialement dans le sens où son budget pourrait être colossal…. celui du 5ième PIB mondiale pour une ville.
  Opposer ces grandes villes et les penser en train de s’arracher une couronne est un leurre ; les classements évoluent, les critères varient. La mode, l’économie et les populations sont aujourd’hui si versatiles que tout classement ne peut être de longue durée. Tant mieux. On est impatient de voir comment cela va évoluer et on souhaite bonne chance aux trois maires pour relever les défis du nouveau siècle.
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