Déclarations d’amour aux mégalo-métropoles


Que ce soit par écrit, par écran interposé, sur tableau, photo ou à travers une danse, les grandes villes ne cessent d’inspirer et d’être célébrées. Dernier oeuvre en date : le film NY, I love you, du même réalisateur que Paris, je t’aime est sorti la semaine dernière aux Etats-Unis et arrivera sur les écrans européens dans quelques mois.
Paris, je t’aime

Paris, je t’aime est un film qui rassemble des acteurs de nationalités disparates (principalement des français, américains et anglais). Parmi les 21 réalisateurs qui ont participé au projet, certains sont des acteurs connus qui sont passés de l’autre coté de la caméra pour une fois, comme Gérard Depardieu. La plupart des réalisateurs sont renommés dans le monde entier : par exemple, Joel and Ethan Cohen, Alphonso Cuarón, Walter Salles or Gus Van Sant. Le film a été présenté pour la première fois au Festival de Cannes Film le 18 Mai  2006, faisant l’ouverture de la catégorie Un Certain Regard
Le film est composé de 18 court-métrages tournés dans un des  20 arrondissements de Paris. Au départ, on avait prévu 20 court-métrages, un pour chaque arrondissement mais deux d’entre eux (le XVe et le XIe) n’ont pas été inclus dans la version définitive parce qu’elles ne s’intégraient pas de manière satisfaisante à l’ensemble. 
Pour ceux qui n’auraient pas vu le film, voici quelques courtes présentations d’extraits et quelques liens pour les visionner sur youtube. 

° Quais de Seine = IVe arrondissement
Alors qu’un jeune homme traîne avec deux amis qui se moquent de toutes les femmes qui passent, il va se lier d’ « amitié » avec une musulmane.
° Le Marais = IVe arrondissement
Un jeune client (Gaspard Ulliel) est attiré par un jeune employé d’une imprimerie et tente de lui expliquer qu’il est persuadé que c’est son âme soeur. Il ne se rend compte que l’autre comprend très peu le français.
° Tuileries = Ier arrondissement
Un extrait comique dans lequel un tourist américaine attend à la station des Tuileries et se retrouve au milieu d’une dispute d’un jeune couple.
Sur le point de divorcer pour être avec une maîtresse plus jeune, un homme décide de rester avec sa femme après qu’elle lui a révéler qu’elle était en phase terminale d’un maladie grave. Il redécouvre l’amour des premiers temps.
Un garçon explique comment ses parents, mimes tous les deux, se sont rencontrés en prison et sont tombés amoureux.
Un nigérien, agonisant à cause d’un coup de couteau sur la Place des fêtes demande à une auxiliaire médicale d’aller boire un café avec elle. On comprend qu’il a eu un coup de foudre pour elle quelque temps auparavant. Le temps qu’elle s’en souvienne et reçoive le café, il est mort.
Une actrice qui cherche à percer (Natalie Portman) casse avec son copain au téléphone ce qui le fait réfléchir au développement et à l’apparent déclin de leur relation.

 

Ce film traduit de manière adéquate la réalité d’une ville aussi grande et multiculturelle que Paris : de la « charmante demoiselle » musulmane qui va à la mosquée avec son grand-père, à l’immigré noire en passant par l’aveugle, le parisien y est abordé sous toutes ses formes. La réalité est cruelle, la vie difficile et c’est justement ce qui rend ces histoires d’amour belles et fragiles. Quelle autre ville que celle de l’amour par exellence pouvait mieux accueillir cette oeuvre collective ? L’amour est voilée, révélée, asséchée, réinventée ou encore affaiblie. On redécouvre la ville de Paris et succombe facilement à cette déclaration d’amour à Paris et sur l’amour à Paris. 

New York, I love you

Au programme : douze courts-métrages de cinq minutes qui prennent, pour point de départ, une rencontre amoureuse dans l’un des cinq quartiers de la Grosse Pomme. Une fois de plus, le projet réunit des réalisateurs connus (coté européen : Yvan Attal et Fathi Akin) et des stars (pour n’en citer que quelques une : Nathalie Portman, Scarlett johansson, hayden Christensen, Orlando Bloom ou encore Isabelle Adjani).






 Rachel Bilson, Hayden Christensen et Orlando Bloom sur le tournage…



Ville, je t’aime
CITIES 

You can learn everything about a city by watching its people

The speed they move tells you the cities attitude
fast, they run from life
slow, they observe it
the way they greet you
if they greet you
tells you what they think about man kind
friendly, they have hope 
intreverted, their hope is lost
Their Height
tall, there’s plenty of good food
with diners on each block
small, too many coffee shops

If the city has bridges 
its people want to travel
If it has walls
its people want to stay
If the city has art
its people can find beauty in their city
If the city has sky scrappers
its people want to find beauty from their watch towers

The more people a city has
The more opportunity the city has

The more people a city has
The more ideas the city has

The more people a city has
The more history the city has

The more people a city has
The more war the city has

The more war a city has
The less people the city sees

Don’t let the People destroy your City
because the City will destroy your People

The more people a city has
The more love the city has

The more love a city has
The more people the city has

The People produce their Cities
The People make their Cities
The People love their Cities
and the Cities produce their people
and the Cities make their people
and the Cities love their people 
John Dohoney

Baudelaire et la ville moderne
Baudelaire posséda Paris comme peu le firent. La vie du poète ne peut se comprendre que par le fait qu’il fut citadin de la capitale. La ville moderne qu’il peint montre son profond attachement pour de tels lieux. 
Le poète est un témoin averti des ambiances parisiennes de l’époque et son Paris n’est pas nécessairement différent de celui des citadins du XXIème siècle. Ses écrits puisque précurseurs traitent des premiers symptômes des habitants troublés de nos « mégalo-metropoles », silhouettes anonymes égarés dans une masse de consommation et un empire de l’argent.
Voici la préface des Petits Poèmes en prose, où il explique pourquoi il a choisi d’écrire une prose poétique et le lien que ce type d’écriture entretient avec la grande ville.

 » A Arsène Houssaye
(…)
J’ai une petite confession à vous faire. C’est en feuilletant, pour la vingtième fois au moins, le fameux Gaspard de la Nuit, d’Aloysius Bertrand (un livre connu de vous, de moi et de quelques-uns de nos amis, n’a-t-il pas tous les droits à être appelé fameux?) que l’idée m’est venue de tenter quelque chose d’analogue, et d’appliquer à la description de la vie moderne, ou plutôt d’une vie moderne et plus abstraite, le procédé qu’il avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement pittoresque. 
   Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience? 
   C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue? 
(….)

Votre bien affectionné, 
   C. B. »

Le recueil qui suit amasse diverses réflexions qui ne sont reliées que par l’esthétique et l’unité sous-jacente du lieu. 
Advertisements