Fashionista has been ?

Ken métrosexuel et Barbie fashionista : déjà has been ? 
Bienvenue dans le monde de la recessionista et l’übersexuel. L’homo consumerus mute, un néoconsommateur se dessine. Récentes évolutions du consommateur masculin et féminin, conditionnés par une société médiatique manipulatrice et conformiste.
Plan à suivre :
–> Tome 1 (article précédent) : METROSEXUEL, ÜBERSEXUEL VOIRE NOVOCASUAL ou comment les médias créent un nouvel idéal masculin pour faire exploser, dans un contexte de crise, le marché du prêt-à-porter et des cosmétiques masculins
–> Tome 2 : DE LA FASHIONISTA A LA RECESSIONISTA ou comment, malgré la crise, internet permet aux fashionistas de rester accro, redéfinissant un nouveau mode de consommation

Tome 2 : DE LA FASHIONISTA A LA RECESSIONISTA ou comment, malgré la crise, internet permet aux fashionistas de rester accro, redéfinissant un nouveau mode de consommation 

  

Partie 1 : Nouveau né de la crise – la RECESSIONISTA

A) LE CONCEPT

La recessionista, contraction de « recession » et « fashionista » fut conceptualisée par le New York Times dans le désormais célèbre article de référence A Label for a Pleather Economy du 24 Octobre 2008.
 Que désigne encore ce néologisme barbare ? Le terme désigne celle qui, malgré la crise, reste une bête de mode et est prête à tout pour continuer à garder le même style de vie. Avant on achetait des marques chères, on payait la renommée de celles-ci, on aimait se payer du chic. Pourquoi ? Par manque de temps. Par manque d’intérêt réel pour la mode. Par manque de goût et souvent par pure conformisme. Aujourd’hui, c’est l’inverse. On a du goût mais pas de sous. 
Les fashionistas font désormais salon sur le net. Les bloggeuses ne font plus que commenter les tendances et afficher leur style. Elles vident leur placard et troquent habits et bons plans. Elles deviennent des… blog-troqueuses
La mode est au recession chic, au cheap and chic. Les ventes de ces « vides dressing » permettent d’arrondir les fins de mois et de se redonner les moyens de succomber aux achats compulsifs. Cette folie du chic en un clic a débuté dans les pays anglophones qui ont ressenti très vite les effets de la récession et débarque maintenant dans la ville de l’élégance : Paris. C’est devenu le must en matière de mode.
Comment procède-t-on ? Laissez-moi vous présenter le concept de la « troc party ». En apart’ ou au resto, mélangez des fringues et des fashionistas, versez du vin rouge, éparpillez des tranches de saucisson, saupoudrez de bonne ambiance. La recette est là. Récession oblige, ces soirées font un malheur. L’après-midi, c’est la tea troc party et le soir la pastas troc party. Imaginez-vous avaler des spaghettis en négociant une robe Vanessa Bruno qui vous fait fantasmer contre votre sac Lancel que vous ne voulez plus parce qu’il vous rappelle votre ex. Ce sont plus que de simples échanges de fringues. Les fashionistas qui se rencontrent via des blogs profitent de cette solution sympa et ludique qu’est la « troc party » pour tisser des liens. Mieux que d’être derrière son ordi sur e-bay, elles s’échangent cartes de visite, numéros, et infos… Une réelle communauté de mode et de bons plans naît. 
On assiste à une nouvelle manière de consommer. Dites oui aux habits renouvelables, au shopping propre et respectueux de l’environnement. En Grande-Bretagne et aux USA, où la crise s’y fait plus importante, la recessionista est une figure centrale des magazines et sites féminins. Certains restaurateurs proposent des « recession wine » pour la modique somme de 3 euros. Ce qui n’est vraiment pas cher pour des Américains, rappelons-le.Certains magasins branchés de New-York ont innové cet hiver avec des soldes de récession (- 50% à – 80%).

La recessionista a même son blog, comme Ken Metrosexuel… Elle balance les bons plans pour s’habiller chic et pas cher. La crise, certes, mais on ne doit pas arrêter d’être à la mode pour autant ! Tel semble être le credo de ces Américains. Les marques de luxe n’ont pas le choix : pour faire un peu de chiffre, elles doivent revoir à la baisse leurs prix, quitte à décrédibiliser leur image de marque. 
 
 
 
 
B) RAPIDE REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE

– The word reflects the efforts of fashion and beauty publicists to spin the economic downturn as an attractive retail trend. For instance, Bourjois, a moderately priced makeup line from France, sent a recent press release by e-mail to reporters promoting the brand’s cheapest mascara and lip glosses as « the Recessionista Collection, » an antidote to gloom. An e-mail message sent last week on behalf of Salon Eliut Rivera in Manhattan promoted « Recessionista Beauty, » offering discounts on haircuts and eyebrow shaping. 

Natasha Singer, New York Times Sunday, November 2, 2008)

– You should know that while the fashionista may have locked herself in the vault with her tiaras, her younger, hipper sister – recessionista – is at the mall finding designer threads (or diffusion designer threads) at discount prices. 

Derek Blasberg, Style.com, 2008)



C) Après Londres, c’est Paris qui se voit envahi par du shopping à petit prix…
Le week end du 28 et 29 Mars, un vrai évènement a secoué La cour du Marais (81 de la rue des archives) à Paris : le Viens dans mon dressing….. 35 jeunes créatrices et modeuses réparties sur deux étages vident leur placard au son de DJs stylés. Se côtoient des vêtements et accessoires à prix ateliers, séries limitées, articles vintage. Un vrai délice. Un paradis pour ces nouveaux consomalins qui trouvent ridicule de faire chauffer la CB de papa et maman pour s’habiller chic.
–> Le Le Blog malin pour dépenser moins….  
Sites de vide-dressing ou troc-party :
– http://www.pastasparty.com L’incontournable site…. On y trouve même les photos des dernières pastas party qui ont lieu aux quatre coins de l’hexagone. Bientôt la pastas réservé aux plus de 45 ans !!!… la diversification est même de mise. 
– http://legrandbazzzar.blogspot.com Natalie, qui a ouvert ce vide-dressing en ligne dont le sous-titre n’est autre que « How to be a recessionista », déclare remettre les pièces en mains propres pour éviter les mauvaises surprises.
– http://marieluvpink.com Marie, la bloggeuse qui tient ce site a un seul credo : réunir des filles autour de bons plan mode.

    Le signe révélateur de cette mode est le dernier « gratuit » parisien. Le voilà, tout beau, tout prêt et distribué par centaines dans les rues de Paris : PiliPili, le piment urbain pour acheter malin. Après Lyon, Lille, Toulouse, Strasbourg et Rennes, le succès de PiliPili méritait de faire son entrée trimphale dans la capitale : 1 128 points de dépôts, diffusion à 112 000 exemplaires en présentoirs et 178 000 en colportage.
   On y trouve d’abord l’actualité des tendances de mode, beauté, loisirs et divertissements. Mais l’essentiel du magazine consiste en bons d’achats et de réduction à découper du magazine ou imprimer du net. C’est la poule aux oeufs d’or des meilleurs bons plans (plein de catégories bons plans: ici et ailleurs, sur le pouce, gourmet, by night, mode, accessoires, déco, bien être, beauté, mobilité). C’est urbain, c’est mégalo-métropolisé, c’est métrosexuel…. On adore ! 
Pour plaire encore plus aux métrosexuels et aux recessionistas et les transformer durablement en smart shoppers, une application sur l’i-phone permet de visualiser les adresses. Le magazine prend même soin de la nature. Ben voyons, comment faire croire au Père Noël ? Leur argument ? Il est imprimé par IMPRIM’VERT c’est-à-dire que le papier provient de forêts certifiés « gestion durable ». Que c’est beau… 
On vous conseille d’aller tout de suite jeter un oeil au site internet. Une petite critique quand même…. la quantité passe un peu avant la qualité mais on compte sur vous pour faire le tri et ne prendre que « la substantifique moelle ». Et un bémol…. la gratuité a toujours un prix et tous ces bons plans cachent quelque chose. On parie sur des partenariats solides, très rémunérateurs et des stratèges intelligents: quoi de mieux comme cible marketing qu’une clientèle parisienne stressée, épuisée voire frustrée, à fort pouvoir d’achat qui croit au miracle en voyant ces réductions. Cela mérite enquête. On en reparlera sûrement !
 
Partie 2 : Internet, puissant « diffuseur » de tendances 

  

A) La révolution du shopping en ligne
Le SHOPPING sur la toile était révolutionnaire, il est aujourd’hui devenu un acte de consommation banal.

La référence en la matière est bien sûr le site anglais net-a-porter.com. Depuis 8 ans, il plaît avec sa  maquette très « vogue » et ses conseillers en mode qui fournissent des précisions sur les produits. Très professionnel, très efficace. Il existe aujourd’hui une version française :  www.departementfeminin.com
   L’Institut français de la mode relève une augmentation de 26% des achats dans ce secteur entre Octobre 2007 et Septembre 2008. Les boutiques virtuelles, de vraies vitrines sélectives d’articles de la saison, pullulent. Depuis Septembre 2006, www.monshowroom.com a fait du chemin. Grâce à un chiffre d’affaire de 2 millions en 2008, 4,3 milions d’euros ont pu être débloqués en ce début d’année pour le marketing. Parmi les plus connues, on compte aussi www.vitrinesparisiennes.com, www.lavitrinedelamode.com  et 
www.modetrotter.com. Ce dernier est tout particulièrement en vogue parce qu’il suit la tendance le streetstyle dans la mesure où les habits de créateurs sont portés par de vraies personnes.
 
B) L’émergence du streetstyle et ses dangers

  

THE SARTORIALIST

Il convient, dans un premier temps, de réviser ses classiques. Pour ceux qui ne sont pas experts, précisons : Schott Schuman, surnommé « The Sartorialist  », est  l’un des pionniers du « street style ». Avant The Sartorialist, Scott travaillait dans l’industrie de la mode (15 ans). Peu après le 11 Septembre, il a commencé à s’intéresser plus à la photo. Il n’a jamais voulu être un “fashion photographer” mais il a trouvé une manière de combiner son amour de la mode et de la photo sous forme de blog.
En quoi consiste son blog exactement ? Scott saisit l’élégance d’un passant, capte l’originalité d‘un accoutrement, met en lumière l’allure si particulière des business men…  Aux quatre coins du globe, anonymes, journalistes de mode, mannequins et célébrités avec du style sont immortalisés par son appareil et se retrouvent sur le blog. Rapidement, il suscite l’intérêt du monde de la mode.
Son succès fut tel qu »il couvre désormais les fashion weeks et s’est imposé comme une figure incontournable de la sphère mode… Le « Time Magazine » a même élu son blog parmi les 100 les plus influents du milieu de la mode. Récemment, il a quitté son statut de blogueur pour enfin devenir un « artiste » au service de marques réelles et très rémunératrices. Ainsi, il vient de shooter la dernière campagne de pub Printemps-Eté 2009 pour la marque DKNY. A la manière de ce qu’il fait pour son blog, ces publicités mettent en scène mannequins et célébrités (Sean Lennon et Daisy Lowe) avec un naturel et une simplicité clairement forcées. Le but est de conférer à DKNY Jeans une image casual, où le denim, en véritable seconde peau, n’a que faire des tendances. Pourtant, ça n’a rien de surprenant et novateur en ce moment. Il s’agit d’une simple tendance marketing qui, comme toute tendance, est vouée à laisser place à une autre. Les marques en profitent et se servent de son succès pour économiser de l’argent et s’assurer une bonne pub puisque le blog The Sartorialist est assidûment suivi sur la planète entière. S‘agit d’un vrai travail de photographe ? C’est toute la question. 

  

GARANCE DORE

Le street style a explosé, c’est devenu un business puisqu’il a été récupéré par les grands magazines et surtout par nombre de bloggeuses en mal être existentiel…. Le cas de Garance Doré mérite examen. Elle ouvre un blog en juin 2006. Avant, elle était illustratrice mais en a eu marre. Elle commence par publier quelques dessins, puis très vite de petits textes s’ajoutent et…. (on s’en doute) des photos de streetstyle, prises dans la rue, à la sortie des défilés ou autres d’événements. Son blog Une fille comme moi a du succès parce qu’elle a un ton plaisant bien à elle. Sa chronique quotidienne sur les styles des femmes qui – hors de la mode font la mode – a des allures rafraîchissantes dans une « blogobulle » sur la mode assez fade. Dés janvier, Garance est devenue l’ambassadrice numéro 1 de Vogue.com en France.  Son travail fait est bien sûr dans la même ligne que son blog. Elle s’exprime dans un rubrique qui lui ressemble : « Une fille, un style ». S’il y a donc un blog de « modeuse » à retenir, c’est bien le sien. Il y en a des milliers qui bloggent. Elles sont jeunes, souvent étudiantes et espèrent intéresser, étaler leur style, se complaire dans un narcissisme dangereux et être repérées par des magazines de mode (par exemple, Géraldine aussi grâce à son blog Café Mode, a « réussi » et bosse maintenant pour l’Express styles). 

  

UN STREETSTYLE HUMANISANT… oui, cela existe!

   Après 10 ans à travailler pour la télé et 10…. mois seulement pour le site internet de Public, Kamel Lahmadi décide de « se casser » et monte un projet qui lui tient à coeur. Il va réaliser son rêve et défendre ses valeurs. Je vous vois déjà froncer les sourcils… Qu’est-ce-que ça peut bien être son rêve ? Eh bien, tout simplement humaniser la mode, valoriser la « vraie » femme sans artifices pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle porte. Assez de considérer le sexe faible comme un porte-manteau. Il est temps de libérer les femmes des diktats de la mode et des tendances. Elles doivent se sentir exister et désirables en dehors des “must have”. Kamel est explicite dès le début. Il part du postulat suivant :  la « vraie » vie est aussi belle qu’un défilé et que les « vrais » gens ont autant de générosité et de personnalité que de style à offrir. Il a une vision humanisée et humanisante de la mode. Découvrant par hasard le potentiel du streetstyle à une époque où il n’en était qu’à son fourmillement, il se lance. Au chômage mais avec une vision en tête et un créneau prometteur encore peu exploité, Kamel harcèle tout l’été les magazines féminins pour leur proposer « son concept et ses valeurs de proximité », comme il dit. Aucun ne répond… Tant pis. Ce sera avec ou sans eux. Le site Style and The City est donc né.
 
 
Ses posts ont un propos, une visée argumentative en quelques sorte. Il nous parle « du bonheur de photographier la vie plutôt que de demander les marques » ou nous explique « Comment les sites connus volent Style and the City ». Effectivement, que ce soit Garance Doré ou des magazines référents comme ELLE, ses idées sont copiées régulièrement alors même que quelques mois plus tôt, on les dénigrait. Evidemment, aujourd’hui, Kamel reçoit de nombreuses propositions. Par exemple, l’édition australienne de GLAMOUR lui proposait d’acheter ses clichés pour la bagatelle de 20 euros. Petit prix mais grosse industrie en perspective. Sauf que voilà, Kamel ne fait pas cela pour l’argent, l’égo et la gloire. Il préfère continuer dans son coin son blog sans trahir ses motivations initiales, d’autant plus que cela commence à payer : certains mannequins le reconnaissent à la sortie des fashion weeks et sont ravies de lui offrir un cliché pétillant et sur le vif. Son blog est actuellement lu par environ 100 000 personnes chaque mois. Et si on le copie, il peut au moins se rassurer en se disant que c’est parce que ses idées et son travail sont pertinents.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Contrairement à ce que l’on s’imagine, les personnes stylées n’ont pas la vie facile : elles se font harceler par des hordes de photographes, professionnels comme amateurs d’ailleurs, qui sont à l’affût du moindre cliché. Mais désormais les street-styleurs comme Kamel n’ont pas la vie facile non plus : étant donné le succès du streetstyle, ils sont de plus en plus à s’y mettre et les fashionistas pullulent, espérant se faire prendre en photo. Trop de fashionistas, trop de journalistes. La qualité en pâtit. Si les places à la sortie des défilés valent cher, Kamel préfère se mettre plus loin. A Paris, par exemple, pour les fashion weeks, il ne se positionne pas directement à la sortie des tentes dans le jardin des Tuileries mais un peu plus loin. Les mannequins sont plus détendus, naturels, souriants. En outre, il a boycotté les derniers défilés haute couture, a préféré se balader dans Paris et se laisser surprendre par les « vrais » gens.

  

= ) EXTRAITS QUI ILLUSTRENT LA DEMARCHE DE CE BLOGGER HORS NORMES

1) « Pour moi, humaniser la mode c’est aller au delà de ce que font les photographes de street style, au delà du style, au delà de la beauté. Humaniser la mode ce n’est pas prendre une photo d’une tenue et demander la marque de chaque vêtement, de chaque accessoire pour pouvoir gagner de l’argent dessus sur son site ou les pages mode de son magazine. Cela, ça s’apelle gagner de l’argent sur le dos des autres et c’est contre mes principes, contre mes valeurs.  » (extrait du post New York Fashion Week souvenirs : tellement belle que ma vue s’est troublée / so beautiful that my sight was blurred, 2 Mars 2009)
2)  » Pas trop envie d’aller au défilé de mode d’Isabel Marant. On va y retrouver les mêmes gens de la mode et je n’ai pas envie d’être esclave des défilés. Je sèche. J’irai au suivant. Il y a une vie après la fashion week à Paris. 1h30 de battement entre les Tuileries et La Cigale , 1h30 de battement entre le défilé Christian Dior et celui d’Undercover. L’appareil en bandoulière, mes sens en mode radar, le regard en mode téléobjectif, et si j’en profitais pour photographier ici et là et faire du street style / mode de la rue à Paris ?  » (extrait du post Fashion Week Day 2 : J’ai rencontré le côté obscur de la mode – 2/3, 23 Mars 2008)
3) « J’ai toujours préféré les défilés des vraies femmes de la rue aux défilés des mannequins anorexiques des podiums. Il n’y a rien de plus beau pour sublimer la femme, pour capter sa beauté que de la surprendre dans son élément naturel : sa vie. Comme je le dis à toutes celles que je rencontre, le secret de la beauté, c’est le bonheur, la générosité, la confiance en soi. Quand au style, au vrai style, il n’est que le vêtement de la personnalité. Et c’est cela avant tout que j’essaie de capter dans les rues de Paris, Londres ou New York : des femmes avec de la personnalité et de la générosité à offrir.  » (extrait du post New York Fashion Week & street style Day 2 : Taxis everywhere but no one for you !, 15 Février 2009)

  

STREETSTYLE à Berlin (http://stilinberlin.blogspot.com)

On décerne évidemment une mention spéciale pour le streetstyle à une de nos mégalo-métropoles: Berlin. Non pas parce qu’on y trouve les gens les plus stylés mais parce qu’on y trouve les gens les plus extravagants, excentriques et surprenants. Le blog StilinBerlin explore le style de Berlin and réussit à mettre en évidence l’esprit urbain, cosmopolite et multiculturel de la capitale allemande.

  

…. Récapitulons : le streetstyle devait humaniser la mode et victime de son succès, il est aujourd’hui une industrie, un business, s’est vulgarisé. Actuellement, les grands magazines veulent des stars, des paillettes. La plupart des adresses sur le web construisent des pages pour y vendre  des publicités. Les photos ne sont souvent pas très professionnelles et on se demande si on peut encore parler de streetsyle. 

Alors inutile de vous détailler pourquoi Ken Métrosexuel adore Style and The City. De la mode, des grandes métropoles « overstylées » mais aussi un regard critique et de nobles idées pour notre humanité. Du superficiel et du sérieux. Des photos qui racontent une histoire, parlent d’un vrai corps. Les personnes shootées sourient, rient, s’éclatent. Elles nous font rêver tout en faisant partie d’un univers accessible. On peut les croiser tous les jours au détour d’une rue à Paris, New York ou Londres. La force de ce site est de nous faire prendre conscience qu’être heureux et avoir confiance en soi aide beaucoup à être beau. Suivre bêtement la mode, c’est être un mouton et enrichir les puissantes industries de la mode. 
A retenir donc : on peut être métrosexuel sans être un stéréotype. On peut être Ken, c’est-à-dire le produit d’une société consommatrice conformiste et voyager dans le monde entier, s’ouvrir, s’élever qualitativement. C’est une question de choix et de liberté. 

  

Partie 3 : La MODE-ADDICTISATION de la société et le retour en force du VINTAGE

  

A) Le raz de marée de la mode

   La mode tout comme le design a envahi toutes les couches de la société, avec le risque évident de se vulgariser. Tout est stylisé. Les grands couturiers montent des collaborations avec tout et n’importe quoi : du TGV en passant par le champagne, redorer son image marketing passe par les grands noms du luxe et de la mode. Les univers s’entrecroisent pour créer une sorte de dictature de l’esthétique. 
Le dernier Noël parisien illustre parfaitement cette tendance. Il ne fallait pas rater les Sapins couture, à la Cité de l’architecture et du patrimoine du 10 au 15 Décembre (13ème année consécutive). Il s’agissait d’arbres de Noël imaginés par des créateurs (mode et design : Jean Paul Gautier, Gucci, Sonia Rykiel, Elie Saab, etc… Un enchantement. A la même période, on pouvait aussi admirer les Sapins de Noël fashion 2008, du 28 novembre au 5 Janvier, à l’Intercontinental Grand Hotel. Pour encourager la jeune création, les élèves de l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués ont exposé leurs audacieux, ingénieux, (soie, plumes, béton, etc….) et superbes créations de sapins. Qui dit Noël, dit sapin et…. bûche. On a donc eu le plaisir de dévorer des yeux (en vrai ? Pas Ken en tout cas… quel dommage!) les Bûches haute couture. DisneyLand Paris avait commandé au Père Noël cru 2008 trois bûches féériques. Trois créateurs de renoms (Chantal Thomas qui s’est inspiré de la Belle au Bois Dorant, Vanessa Bruno qui a préféré l’univers d’Aladdin et Ora Ito qui a rendu hommage à la candeur de Blanche Neige) ont collaboré avec un grand chef pâtissier pour mettre au point ces trois cents bûches (cent exemplaires pour chacune des trois). Ceux qui se sont régalés ont pu le faire pour la bagatelle de… 100 euros la pièce!
Autre exemple frappant : Karl Lagerfeld. Il règne sur l’univers de la haute couture mais pas seulement. Sur l’univers du style plus généralement.  Le Coffret Petit Larousse illustré 2009 est  « habillé par Lagerfeld ». Déjà en 2005 pour le centenaire, c’était Christian Lacroix qui était chargé de l’ « habiller »… En cette année 2009, Lagerfeld a été élu créateur du salon Maison et Objet, la référence absolue des professionnels de la déco. Il construit les intérieurs de ses nombreuses maisons comme une collection de mode et travaille actuellement  avec l’architecte américain Chad Oppenheim sur la décoration de 80 villas à Dubaï sur l’île de la Mode.
 
B) Le vintage fait son grand retour et surfe sur la vague nostalgique que traversent les sociétés occidentales, qui, depuis la crise, tentent de changer leur mode de vie.
  LONDRES est remplie d’adresses vintage. C’en est la capitale. On y consacrera un article spécial le plus tôt possible. 
On ne peut parler vintage sans mentionner le salon du vintage, au 81 rue des archives à Paris,… un régal : www.salonduvintage.com.
  Il y a évidemment Chez Lorette, une caverne d’Ali Baba Vintage à Vincennes, aux portes de Paris, pour ceux qui veulent « faire la mode, pas la guerre » (http://www.chez-lorette.com). En fouillant, on trouve même un blog en anglais sur le vintage des cartes postales. Chaque jour, un post. Parfait pour les amoureux de la carte postale, du vintage et de la France: http://www.cpaphilblog.com.
 
LIEBE MARLENE
Si vous cherchiez un blog de mode vintage à suivre en anglais, c’est celui-là. La bloggeuse américaine nous tient au courant des tendances et prend des photos de son style « vintagisé » pour aussi, vous vous l’avez maintenant intégré, les vendre sur e-bay comme toute recessionista qui se respecte (http://stores.ebay.com/Liebemarlene-Vintage).
 
LOS DALTONES
Ce qui retiendra toutefois le plus notre attention est le travail de Los Daltone, un collectif de créateurs basés à Paris. Pour les découvrir leur profil sur facebook, cliquer ici. Parmi leurs projets, celui du Vintage Market et de la Vente Ephémère, sont prometteurs et vont nous faire croustiller, c’est certain. De quoi il en retourne ?
– Le Vintage Market propose une vision différente du marché aux puces londonien : un mélange avec une grande sélection de vintage : meubles, vélos, accessoires, appareils photo…. Dans un espace de vente vintage, celui de Première Classe (salon de l’accessoire numéro 1), Los Daltone offre un espace événement et de nouveaux produits. C’est une vraie ambiance, une vraie scénographie qui se voit créée. La prochaine édition aura lieu en Septembre et ne vous inquiétez pas, on en reparlera.
– Une Vente Ephémère, loin des ventes presse habituelles, est un vrai événement avec différents pôles de création. C’est une vente « mode art vintage musique ». Un cocktail explosif : plus de 30 créateurs de prêt-à-porter homme femme, deux concerts, une expo-vente et une grande sélection de produits vintage. La première vente, (« Studio Première Edition ») débarque ce week end (18-19 Avril) et celui d’après… 25-26 Avril au 243 rue Saint-Martin. Pour ceux qui ont facebook, allez vite y jeter un oeil à l’event avec ce lien . 
 
Conclusion du TOME 2 :
Que retenir ? La phase d’hyperconsommation est-elle achevée, laissant place à des consomalins prêts à tout pour consommer sans dépenser ? Va-t-on vers un bioconsommation ? La bonne nouvelle, c’est qu’un nouveau mode de vie plus raisonnable se met en place. La mauvaise nouvelle, c’est que les directeurs ne vont pas tarder à se l’approprier. Regardez le bio aujourd’hui ou les énergies renouvelables : des business comme les autres.
   On n’en finit plus d’être catégorisé, conditionné, marketisé…. Les médias veulent que nous soyons tous pareils : des adeptes de la consommation, des accros du shopping, des esclaves de l’apparence, des matérialistes confirmés et des rêveurs limités. L’emprise actuelle des publicités et des stratégies marketing a de quoi effrayer alors si un jour, on vous demande si vous êtes un métrosexuel ou un übersexuel, une fashionista ou une recessionista, ne faites pas comme Ken. Ne soyez pas un produit de la consommation et de l’américanisation. Répondez que cela vous vexe que l’on pense que vous puissiez être réduit à un concept marketing, un schéma de pensée, une caricature de la personnalité. Soyez-vous mêmes et ce sera déjà beaucoup….