Bilan en 10 points

Une mission work in progress : 

 Reconquérir Barbie en raffinant son mode vie ? Est-ce le plus important ? Ken a adoré voler de ses propres ailes, s’émanciper de Mattel et tenter de ne plus être une image figée de la masculinité occidentale. Le monde s’ouvre généreux à qui veut bien le regarder avec des yeux curieux. Néanmoins, la mission n’est pas totalement finie. Ken a encore beaucoup à dire sur ses chères mégalo-métropoles et sur la métrosexualité. Quand à Barbie, elle a subi aussi des changements dernièrement. Là voilà qui se réinvente recessionista. Retombera-t-elle sous le charme de son amant de toujours… ?

 

Une métamorphose réussie ?

      La métrosexualisation de Ken a-t-elle abouti ? Dans la mesure où la société entière pousse à cette « métrosexualisation », ce n’est pas une métamorphose qui relève de l’improbable. Toutefois, dans quelle mesure les hommes doivent-ils se réinventer ?

      Il est à la fois nécessaire et dangereux de suivre l’évolution de la société, de se laisser porter par le courant, d’évoluer sans distance. Nécessaire parce que passer à coté de sa génération et des nouvelles perspectives de la modernité serait peu judicieux (être conservateur est rarement bon). Dangereux parce qu’il faut prendre du recul par rapport aux évolutions d’une société, qu’il ne faut pas tout accepter aveuglément (être ultra moderne est rarement bon). 

       Soyez en persuadés : Ken a réussi à se métrosexualiser. Il est définitivement entré dans le XXIe siècle…

 

Une expérience fabuleuse : 

        Ken s’est régalé. Il ne s’en cachera pas. Planifier et réaliser un tour du monde relève du rêve… Qui n’aurait envie de fouler les rues de Paris, Londres, New York ou Moscou ? De succomber à l’excentricité berlinoise ? De se laisser porter, cheveux gominés dans le vent, par une décapotable sur les autoroutes de L.A. jusqu’à Chicago ? De danser le tango à Buenos Aires ou encore se goinfrer de toutes les spécialités asiatiques à Singapour ? Qui n’a jamais rêvé de pouvoir se sentir libre, détaché des matérialités ?

      Prendre le temps de découvrir les multiples visages de l’Occident, ses périphéries et avoir un aperçu de l’ « au-delà » occidental, scruter les évolutions d’une génération, analyser les tendances représente une chance pour qui veut agir sur sa vie et non la subir. 

 

Un tour du monde épuisant :

     Mieux vaut ne pas être naïf. Tout ce qui fait rêver n’est pas forcément si enviable. Il y a bel et bien un revers de la médaille. Bien sûr, l’intérêt n’est pas tant de « déglamouriser » mais de ne pas occulter les aspects moins séduisants. 

     Ce tour du monde s’est révélé d’une intensité redoutable. Les cinq sens de Ken étaient à l’affût en permanence… l’environnement changeait assez régulièrement (en moyenne, Ken a dormi dans une dizaine d’endroits différents par mois : hôtels, auberges de jeunessse, squats chez des amis / inconnus, avions, trains, bus…) Moins les repères sont nombreux, plus le cerveau doit s’entraîner à sélectionner les informations pour ne garder que les plus pertinentes. Dans chaque métropole, pour chaque expérience, le temps est compté, l’argent aussi. Il faut être rapide, efficace, déterminé et optimiste. 

      Les obstacles sont plus nombreux qu’on ne le croit. Il ne faut pas prévoir une situation et s’en tenir au plan initial. Plan B voire C nécessaires. Il faut anticiper et partir du principe que rien ne passera comme on le souhaite / suppose. En changeant de pays, on change d’habitudes, d’organisation, de fuseaux horaires, de langues, de prises électriques, etc… Il faut être prêt à tout. Ensuite, il n’est pas dit que le portable de Ken fonctionne partout. Il n’est pas dit qu’à chaque nouvel endroit, il y aura un point d’accès internet et que l’on pourra se connecter. Il n’est pas dit qu’on trouve toujours à manger et quelque chose qui donne envie ou qui soit dans le budget….  Flexibilité et ouverture d’esprit : voilà les deux mots clés. 

        Alors, après six mois, on pourrait dresser un bilan simple : le corps s’use, la fatigue s’installe, les cheveux tombent ou perdent de leur vigueur, le système digestif ralentit. Voyager est aussi synonyme de solitude, qu’elle soit recherchée ou subie. 

          Entreprendre une telle aventure requiert quelques « sacrifices » (quoiqu’on ne devrait pas les appeler comme ça) : abandonner le confort, remettre en question ses valeurs, savoir ne pas planifier et rester spontané et positif.

  

Les destinations du périple de Ken Métrosexuel, de Janvier 2009 à Juillet 2009 (seules les grandes métropoles sont mentionnées, sinon c’est le nom de l’Etat qui sera précisé) : 

 Berlin – Francfort – Munich – (Autriche) – Munich – Berlin – Paris – Londres – Paris – Singapour – Kuala Lumpur – Singapour – Paris – Munich – Paris – (France) – Paris – Buenos Aires – (Argentine) – Buenos Aires – Paris – (France) – Londres – Berlin – (France) – Paris – Moscou – Francfort – Paris – Londres – New York – (Etat de New York) – New York – Houston – (Etat du Texas) – Houston – Las Vegas – Los Angeles – San Diego – (frontière mexicaine) – San Diego – Los Angeles – (Etat de Californie) – (Etat du Nevada) – (Etat du Utah) – Salt Lake City – (Etat du Wyoming) – (Etat de South Dakota) – Minneapolis – Chicago – New York – Londres – (France) – Paris

 

  

Une remise en question :

       A l’approche de la cinquantaine,Ken s’est fortement remis en question. Qui est-il ? Que représente-t-il ? De quel cause doit-il se faire le porte parole ? Dans une société obsédée par la séduction, Ken a dû garder son teint mat, affiner sa silhouette et se styliser. Est-ce pourtant la bonne voie pour s’épanouir et développer une vraie personnalité ?

       Faire le tour du monde peut se révéler assez troublant. C’est une manière de remettre en question ses valeurs, ses repères, ses certitudes et de se confronter à la diversité des expériences.  Il faut accepter la solitude pendant quelques temps. Il faut accepter de se regarder en face, avec sincérité. C’est peut-être étrange mais en changeant d’environnement en permanence, en s’immergeant dans diverses cultures quand on voyage, on se modifie inévitablement. Comme un caméléon, on s’adapte et perd la carapace de notre culture initiale. Que reste-t-il ? Le coeur de notre personnalité, la substantifique moelle de notre « moi » ; ce qu’on a construit et qui nous rend fier ! Un moyen ultra efficace de balayer le superflu, l’acculturation mal vécue et forcée, et ce qui peut se révéler toxique pour l’épanouissement. Voyager rend libre, permet de prendre de la distance et gagner ainsi en clairvoyance. 

 

Barbie est-elle la seule ?

      La réalité est parfois cruelle. Vivre sans Barbie a fait réaliser à Ken qu’elle n’est pas le centre du monde et qu’il peut exister sans elle. Il faut rester ouvert à toutes les opportunités. Pourquoi se priver de nouveaux horizons ? Barbie a pris les devants il y a bien longtemps. Elle conduit sa propre voiture, a exercé des centaines de métiers et diversifié ses loisirs. Ken s’est contenté d’être « potiche », cantonné au second plan. Puis l’heure de voler de ses propres ailes est sonnée. S’émanciper nécessite bien sûr un certain courage. Pourtant, se contenter d’être une caricature et répondre aux attentes de la société n’a pas grand intérêt. Se laisser acculturer sans libre arbitre et être maintenu sous « tutelle » ne peut que mener à un appauvrissement de la société. 

 

Un désir de subversion : 

          S’il y avait une constatation à mettre en évidence dans ce bilan, ce serait la triste uniformisation qui menace nos mégalo-métropoles. Les cultures se rapprochent superficiellement en uniformisant les goûts, les modes de consommation et les produits consommés. La « culture-monde », les comportements globalisés sont fades et mettent la diversité, la vie même en péril. Ken pense qu’il faut à tout prix rester éveillé et capable de s’émerveiller face aux beautés et richesses du patrimoine humain. Il est de notre devoir et responsabilité de protéger la liberté humaine et la culture, d’autant plus dans les mégalo-métropoles. 

 

Une désaméricanisation et une européanisation :

       Ken est américain. En 1960, Mattel fait des sondages auprès des jeunes filles, qui pour la plupart souhaitent voir la poupée star avec un compagnon. Coup de baguette magique : Ken naît en 1961 et peut désormais accompagner Barbie. Proche de l’establishment américain, Ken aura plusieurs vies jusqu’à ce beau matin où Barbie le lâche comme une vieille chaussette. Désormais, Ken se choisit une vie, une identité et un destin. Faire le tour du monde l’a désaméricanisé sans pour autant lui faire perdre ses racines occidentales. Se métrosexualiser pour un américain revient un peu à s’européaniser. Le coeur de l’Occident du nouveau siècle bat quelque part entre New York, Londres et Paris. Le Vieux Continent n’a certainement pas dit son dernier mot quand il s’agit de raffiner son mode de vie et de décrypter les nouvelles tendances. 

 

Un tour du monde n’est pas si cher :

      Combien ça coûte ? Comment finance -t-on un tour du monde ? Tout le monde veut savoir. Ken en reparlera sûrement mais ce que l’on peut d’ores et déjà affirmer, c’est qu’un tour du monde, ce n’est pas si cher. Il va falloir abandonner tout de suite l’image stéréotypée des voyages type vacances. Ken n’est pas un touriste frustré de son travail, qui part en vacances pour décompresser et se fait plumer par la même occasion. 

        Pour commencer, les transports sont moins chers quand on est flexible. Le choix est vaste, il existe de nombreux moyens de se déplacer, des tarifs variables et toujours une solution pour ne pas payer cher. D’autre part, les dépenses quotidiennes de la majorité des occidentaux sont superflues. A-t-on vraiment besoin de tout ce qu’on achète ? Il est clair que non. De plus, la gratuité existe dans notre société. Il existe des « trucs ». Par exemple, la presse est gratuite dans les avions ou les dégustations de produits alimentaires sont fréquentes quand on sait où aller. Tout ne se monnaie pas : on peut loger dans une auberge de jeunesse en échange de quelques heures de travail à la réception, etc… When there is a will, there is a way. Quand on veut, on peut. Il faut se donner les moyens de réussir, reconcevoir nos « besoins ». Ken a réduit les budgets à l’essentiel : dépenses pour manger, dormir, voyager et expérimenter les mégalo-métropoles. 

 

Un grand merci à ses « fans » : 

       Ken ressent beaucoup de gratitude envers ceux qui ont suivi son tour du monde et l’ont soutenu de quelque manière que ce soit, ceux qui ont eu la curiosité de découvrir le Metropolitan Blog voire même ceux qui ont eu un sourire sur les lèvres en apprenant le projet. Ken Métrosexuel n’est pas grand chose sans son entourage, sans ceux qui l’ont accueilli et ceux qui ont fait vivre son projet et donné réalité aux belles expériences qu’il a vécues. Où qu’il soit, quelque soit leur motif, Ken remercie du plus profond de son coeur de plastique toutes les personnes qui ont fait partie de ce chemin. 

  

Une touche de nostalgie ?

     Comment tourner la page ? Ce n’est pas si évident. Tout est encore si proche, si présent. Il y aurait tant à dire mais rien à regretter. Une nouvelle page s’écrira bientôt. En attendant, laissons Ken se reposer, se changer les idées et se ressourcer dans son QG parisien.

Plastiquement vôtre,


A bientôt !


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