New York vous l’interdit !


A NY, il est désormais INTERDIT de fumer sur les plages, dans les parcs et autres lieux en plein air 

      Le maire de New York, se sentant probablement investi d’une mission divine, poursuit sa croisade contre les fumeurs. Depuis 2002, la loi interdit de fumer dans les restaurants, bars et discothèques. Les autres mégalo-métropoles avaient vite fait d’emboîter le pas… Qu’a-t-on laissé aux fumeurs, demanderez-vous ? Les terrasses et les espaces en plein air… ce qui n’est pas si mal.
       Voilà qui est terminé. Depuis le 23 Mai 2011, la nouvelle réglementation interdit aux fumeurs d’en griller une… en plein air, soit 1 700 parcs et 25 kms de plages de la ville ainsi que dans les zones piétonnes (notamment Times Square) et les promenades de Brighton Beach à Brooklyn. 12 000 hectares en plus où sont bannies les cigarettes !
       Pour les « criminels » qui oseraient empoisonner l’humanité avec leur pourriture dans les lieux où c’est désormais interdit, la police des parcs, City Parks Department, mettra des amendes de 50 dollars. Ca les changera des inspections sanitaires qu’ils effectuent dans la ville, dans les restaurants ou sur les marchés. Et ça rapportera de l’argent à la ville… même si, pour l’instant, les amendes ne sont pas si courantes. Le maire compte sur le civisme des habitants. On se croirait à Singapour ! 

avertissement le long de la plage de Coney Island

Désir de « normaliser » la métropole, de la rendre « saine » ? 
     Mis à part les arguments traditionnels (et parfois peu convaincants) de santé publique, cette chasse à l’homme fumeur dénote quelque chose de plus symptomatique sur la gouvernance new-yorkaise. Depuis une vingtaine d’années, les autorités s’efforcent de rendre Big Apple gouvernable, vivable, sûre et agréable. Avec Giuliani, la criminalité avait baissé de 70%. Des quartiers comme Harlem par exemple sont devenus aujourd’hui « normaux », c’est-à-dire plus attractifs économiquement et plus sûrs pour les habitants et les touristes. La fameuse tolérance zéro.
     Le nouveau maire, Michael Bloomberg, s’est découvert une passion pour la santé publique et l’hygiène de vie. Les pistes cyclables ont fleuri, un vrai combat contre les graisses est mené… dans les restaurants ou les écoles publiques, où les boissons trop sucrés (sodas en l’occurrence) sont désormais bannies des distributeurs.
      Evidemment, cette « éducation » des citoyens se fait par des campagnes de sensibilisation sur plusieurs supports : à la télévision, dans la presse, dans les métros, etc…

Va-t-on vers une « singapourisation » des grandes villes ?
       Deux points posent problème à Ken : d’une part, le sens de ces décisions et, d’autre part, les limites d’une telle politique.
     En quoi cette nouvelle politique est-elle rationnelle ? Aucune étude scientifique ne vient prouver que fumer en plein air est nuisible pour autrui. De plus, si les autorités publiques (devenus « Etat Papa« ) cherche tant à se préoccuper de santé publique, pourquoi cette mesure semble être une des rares existantes ? Que fait-on des nombreux additifs dans les cigarettes qui favorisent l’addiction et les risques pour la santé ? Le tabac est-il une priorité dans un pays où manger relève parfois de l’intoxication et utiliser sa voiture reste un geste banal ? La pollution la plus dangereuse vient-elle du tabac ? C’est sûr, il est plus facile et politiquement correct de s’en prendre aux fumeurs.
       Par ailleurs, pourquoi le tabac devrait-il être la seule cible ? Si l’on suit cette logique hygiéniste et moralisatrice, il faut manger bio, être propre, poli, ne pas avoir de poils, rester jeune, dynamique, faire attention à l’environnement… Dès lors, occupons-nous des gros, des laids, des malpolis, des conducteurs imprudents, des alcooliques, des « pollueurs » en tout genre… Interdisons les fast-foods, les drogues, les voitures polluantes, les gros mots, les maladies,… 
       Singapour est-il un exemple en la matière ? Imaginez une ville, où Ken n’a pas eu le droit de s’asseoir par terre dans un centre commercial (un vigile est immédiatement arrivé pour exiger que Ken se relève), de manger assis sur un fauteuil dans ce même centre (zone où il est permis de se relaxer mais interdit de manger et boire), de prendre des photos dans les stations de métro (il faut une « autorisation »), etc… Imaginez une ville où l’on ne vend pas de chewing gum parce que les cracher par terre est passible d’une amende. Imaginez une ville où être arrêté avec de la drogue vous conduira directement à l’échafaud. Imaginez une ville où votre blog est censuré, tout comme l’essentiel du web. Imaginez une ville où tout est trop propre, lisse, correct et sage… New York se singapourise

Anti-tabac ou antifumeur ? Une véritable chasse aux sorcières par un Etat Papa…
       Michael Bloomberg est un ancien fumeur mais il semble bien décidé à s’acharner depuis quelques années. Certes New York ne fait que suivre l’exemple de Chicago et Los Angeles qui ont déjà adopté de telles mesures mais il s’agit de la réglementation la plus restrictive à l’heure qu’il est sur le territoire américain.
    A NY, contrairement à Paris par exemple, on ne cherche pas des alternatives, on ne construit pas des endroits fumeurs dans les restaurants / bars. Finalement, ce n’est pas le tabac qui est tant visé mais plutôt le fumeur, avec ce qu’il cristallise… dans des pays où ne peut plus bon « profiter » de la vie comme on l’entend. La dictature de l’hygiénisme bien pensant a commencé !

      « Because, you know, with all the traffic and industry in Times Square, the cigarette smoking is what’s ruining the air. The police will expect locals and tourists alike to obey the ban, and will hand out fines of up to $250 for violating.«   
       « Parce que, vous savez bien, avec tous les embouteillages et ces usines près de Times Square, c’est bien sûr la cigarette qui pollue l’atmosphère. La police s’attendra à ce que les habitants ainsi que les touristes obéissent à l’interdiction et distribuera des amendes allant jusqu’à 250 dollars pour ceux qui ne l’ont pas respectée. »          
         New York Magazine, 15 Septembre 2010
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