Intro « Londres et la crise » : Chronologie

1666, 1858, 1940, 2005….. 2009 !
  
1666 : Epidémie de peste et grand incendie / Une ville menacée
   L’année 1666 restera comme une des plus marquantes dans l’histoire de la capitale britannique. A cette époque, des épidémies de peste noire ravagent la ville. La plus importante (The Great Plague : 1665-1666), tua environ 20% de la population, c’est-à-dire près de 600 000 personnes. L’épidémie s’arrête à cause d’une autre catastrophe : le Grand Incendie (1666 aussi). Il démarra dans le coeur de la cité avant de se répandre à travers les maisons en bois de l’époque. Il détruisit 80 % de la ville. La reconstruction s’étala sur 10 ans.

1858 : la Grande Puanteur / De la naissance du Londres moderne à l’hégémonie
En 1855 est créé le Metropolitan Board of Works (MBW), une instance qui doit fournir à Londres les infrastructures dont elle a besoin pour répondre aux défis d’une agglomération moderne qui s’étend désormais bien au-delà de la « City ». 
En 1858, the Great Stink (la Grande Puanteur) révèle un Londres dans un état sanitaire catastrophique. La tamise pue littéralement. Le MBW décide donc la construction d’un véritable système d’égoûts.
Le XIXe siècle marque une période de grande pauvreté à Londres, où des millions vivaient dans des endroits insalubres et surpeuplés.
  En 1863, Londres entre, fière, dans la modernité avec la création du premier système de transport souterrain au monde. De ce fait l’urbanisation s’accélère encore. La capitale de l’empire devient une capitale mondiale politique, financière et commerciale. Elle est sans rivale jusqu’à la fin du siècle, où Paris et New York commencent à menacer son titre.
 A l’époque, Londres était, de surcroît, la ville la plus peuplée du monde. Elle dépassa Pékin vers 1825 et domina jusqu’en 1925, date à laquelle New York la devance. Ce fut la première ville du monde à dépasser le million d’habitants et les 5 millions. La capitale  s’agrandissait en pleine période d’industrialisation, à mesure que le chemin de fer se développait dans le pays et le métro dans  l’agglomération.
       A la veille de la seconde guerre mondiale, en 1939, l’agglomération londonienne est à son apogée : plus de 8,5 millions d’habitants.

Population de Londres en millions entre 1921 et 2006 : 
1921 — 7,386,848
1939 — 8,615,245
1961 — 7,992,616
1981 — 6,805,000
2006 — 7,657,300

1940 : Capitale meurtrie de la liberté / Le début de la fin 
         Londres entre dans le XXe siècle, en s’imposant comme la capitale du plus grand empire que le monde ait connu. Pourtant, les défis qu’elle rencontre quelques décennies plus tard remettent en cause définitivement sa suprématie. 
     En 1940, Londres devient la capitale de la résistance, la capitale de la liberté contre l’envahisseur nazi. Les bombardements de l’armée allemand, le Blitzkrieg, cause de nombreux dommages à travers la ville : 13 000 morts et 1,5 millions de sans-abris. Des symboles tels que Buckingham Palace, les Houses of Parliament et la British Library sont touchés mais c’est l’East End, quartier populaire qui abritait les principales industries ainsi que le port, qui fut la cible la plus visée. 
    Londres ne s’abaisse pas. La famille royale réside même encore dans la capitale pendant le Blitzkrieg pour envoyer un signal fort. Digne, Londres réussira une fois de plus à s’en sortir. Toutefois, à la sortie de la guerre, Londres, meurtrie, n’a plus l’influence dont elle jouissait. Assez rapidement, l’émergence de la superpuissance américaine puis la décolonisation isolent l’Europe et marquent la fin de l’hégémonie des deux grandes capitales : Londres et Paris.

2005 : Une renaissance glorieuse de courte durée ? Terrorisme, crise internationale et défi des JOs
        Le XXIe siècle a été prometteur.  La ville a vu sa population s’accroître de nouveau et s’est offert un « lifting architectural ». Le 5 Juillet 2005, c’est comme un consécration : Londres est choisi pour accueillir les XXXe JOs et fait de l’ombre définitivement (?) à sa rivale Paris. Deux jours plus tard, jour d’ouverture du G8 en Ecosse, des attentas terroristes touchent les transports de la capitale, faisant 56 morts et 700 blessés. Menés par de jeunes britanniques musulmans, ces événements sonnent le glas du multiculturalisme britannique (et les valeurs portées telles que la tolérance et le cosmopolitisme). Dernier coup porté à la capitale toute puissante : en Automne 2008, la crise internationale frappe Londres avec rapidité et violence. Le chômage atteint des sommets que cette ville de quasi plein emploi ne connaissait plus ; la consommation est fortement touchée. 
    
   Londres est une ville phénix. Vieille de plus de deux millénaires, elle a su renaître de ses cendres à la suite de catastrophes et tragédies : la Grande Epidémie, le Grand Incendie, la Grande Puanteur, les bombardements allemands, les attentats terroristes… la crise internationale. Si Londres n’a pas dit son dernier mot et s’est refaite une santé après la crise assez vite, ses faiblesses n’ont pas pour autant disparu. Certains chiffres font froid dans le dos : par exemple, 40% des enfants londoniens vivent en dessous du seuil de pauvreté.
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