Quelques Adresses Croustillantes à… Paris (2)


1 bar : Le Pompom 

   Le bar-boîte qui a fait probablement le plus de bruit cette année, qui a réveillé la nuit parisienne et définitivement fait du Xe un arrondissement branché ? Le Pompon, sans hésiter. Il faut dire que si le lieu rencontra un succès immédiat, tout était fait pour qu’il devienne le nouveau Baron de l’est parisien. John Whelan (publicitaire british), Charaff (du Collectif Pain O ChoKolat, qui avait déjà réveillé la nuit à Pigalle au Divan du Monde) et Omar (de Chez Omar, rue de Bretagne). Trois pointures en somme pour un cocktail gagnant. Ouvert en Octobre 2010, cette ancienne synagogue, transformée en QG des bobos branchés (pléonasme) et autres geeks offre une ambiance rétro, assez londonienne, loin des fades lounges
    On vient boire l’apéro dans la grande salle boisée puis lorsque la nuit commence à électriser, il faut descendre au sous-sol pour y découvrir un dancefloor enflammé. De la pop, beaucoup de rock mais aussi de la disco et des vieux tubes,… Concerts en live ou DJs, la programmation s’avère pointue et la salle de concerts fait partie des scènes qui comptent et révèlent de nouveaux talents. On savoure une certaine liberté qu’on trouve habituellement à Londres mais de moins en moins à Paris. Le fumoir aussi a du style (mais on ne vous dira rien). Sous les coups de 2h du matin, retour à la réalité. Tout s’arrête. Le temps est passé vite mais on s’est senti transporté…  

Le Pompon
39 rue des Petites-Ecuries, 10e
Métro : Bonne Nouvelle
Tous les jours, de 19h à 2h



1 marché : Le marché des enfants rouge

   Le marché des enfants rouges est le plus vieux marché couvert de Paris. Le plus authentique et le plus bobo certainement aussi. Créé en 1615, ce petit marché devait approvisionner le Marais, quartier bâti au cours du siècle précédent. Installé sous une halle en bois, il rencontrait à l’époque un succès important. Il tient son nom d’un orphelinat du quartier qui ferma ses portes et dont les pensionnaires étaient vêtus d’un habit rouge en signe de charité.
     Cédé à la ville de Paris en 1912, le marché est inscrit à l’inventaire de Monuments historiques depuis 1982. Cinq siècles plus tard, ce marché est devenu le coeur vibrant de la vie du quartier, une place du village en quelque sorte. Pourtant, il a bien failli disparaître en 1994. A l’époque, le maire du IIIe arrondissement avait décidé de le raser… pour construire à la place un parking souterrain de sept niveaux doté d’une crèche au rez-de-chaussée. les riverains se mobilisèrent devant les grilles pour barrer la route à l’arrivée d’éventuels bulldozers. La campagne des élections municipales de 1995 se focalisa sur le sort de ce marché. Pierre Aidenbaum, tête de liste de gauche, s’était engagé à sauver le marché. Il l’emporta de justesse avec 50,3% des voix.

    Rouvert après bien des péripéties en novembre 2000, ce marché emblématique mit quelque temps à redevenir ce qu’il était. Les commerçants ne se bousculaient pas au portillon jusqu’à ce que l’Estaminet des enfants rouges installe ses tables en terrasse le long du marché. Grand succès. L’exemple fit des émules et aujourd’hui le marché est aussi un espace de convivialité avec des restaurants et traiteurs dont les terrasses ne désemplissent pas entre midi et deux : traiteur italien, marocain, libanais, japonais et afro-antillais. Le marché des Enfants-Rouges s’est adapté à l’évolution des modes de vie, en devenant le restaurant de plein air le moins cher du quartier… 

      On en oubliait l’essentiel : le marché en lui-même. Il offre toute l’année ce qu’on veut : un poissonnier, un boucher, un charcutier, un primeur, des produits bio, un caviste, un  fromager, boulanger, un fleuriste ainsi que des producteurs du terroir et des ostréiculteurs.
Horaires d’ouverture
Mardi, mercredi, jeudi : de 8h30 à 13h et de 16h à 19h30
Vendredi, samedi : de 8h30 à 13h et de 16h à 20h

Dimanche : de 8h30 à 14h

1 pâtisserie : Popelini

   On croyait les macarons indétrônables (ce qui est vrai mais ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’alternatives). On croyait les cupcakes invincibles depuis qu’ils se sont exportés hors US. C’était en oubliant le potentiel d’une pâtisserie encore plus « chou » :… les choux à la crème. Suivant la mouvance rétro et dans la tradition des pâtisseries monomaniaques, Popelini (d’après le pâtissier italien inventeur de la pâte à choux) révolutionne, depuis le printemps, dans le Marais, l’art de faire les choux. Le chou se décline selon des parfums classiques ou surprenants, façon macarons. Décidément, à Paris, nos papilles sont chouchoutées.

Popelini

29 rue Debelleyme, 11e
Du mardi au samedi, de 11h à 19h30
Le dimanche de 10h à 15h
Chou à l’unité : 1€85
Chou du jour : 2€80 
11 € les 6, 21 € les 12.




1 exposition : Le Bal 

+ 1 restaurant : Le Bal Café
   Le Bal, c’est le genre de lieu qui a plus que réussi une transformation contemporaine. Dans les Années folles, il s’agissait d’un cabaret avec son « hôtel d’amour » à l’étage et sa salle de bal en sous-sol. Haut-Lieu de la fête et des plaisirs, les habitants du quartier s’encanaillaient. Dans l’après-guerre, le Bal est devenu le plus grand PMU de France et le rendez-vous populaire du Paris la nuit. Après 1992, le lieu est tombé à l’abandon jusqu’à ce que la Mairie de Paris le rachète en 2006 pour mener à bien un nouveau projet. 

     Pendant trois ans, les travaux transforment les ruines en un centre indépendant dédié à la représentation du réel par l’image, sous toutes ses formes : photographie, vidéo, cinéma, nouveaux médias. Le Bal expose le travail de photographes qui montrent « le réel dans une démarche artistiques ». Pas de photojournalisme. Pas de photos d’art… mais de l’ « image-document« , concept que défend la directrice.  Face à la crise de l’information visuelle et à l’omniprésence de la société du spectacle, les fondateurs du lieu ont fait le pari que l’image-document peut résister. Dans quel but ? Pour dire le monde, tout simplement. 


   Le Bal s’impose donc comme un espace ouvert, mobile, qui vise à faire découvrir au public, à travers des expositions, des débats, des co-éditions ou des ateliers, les formes contemporaines du « document » à mi-chemin entre l’enquête, l’expérience, l’analyse, la description et l’invention formelle.          
   Financé par des fonds privés et publics, le lieu se distingue des autres institutions du genre, comme la MEP, le Jeu de Paume et le Plateau. 


Le Bal
6 impasse de la défense, 18e
mercredi / vendredi : 12h-20h
samedi 11h-20h, dimanche 11h-19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Tarifs : 4€ tarif plein, 3€ tarif réduit

    Le Bal accueille aussi une librairie,  Le Bal Books – sélection ultra pointue (forcément !) d’ouvrages, notamment des éditions internationales rares ou limitées – et un café-restaurant. Ou plutôt une cantine-épicerie nouvelle vague avec une cuisine créative aux accents british. L’endroit est déjà charmant, il faut dire. Passage de la Défense, à quelques enjambées de la très bruyante Place Clichy, au bout d’un chemin pavé bordé à sa gauche par un jardin, quelques  immeubles et maisons basses. On déjeune ou on dîne en face de ce bel espace vert. Idéal aussi pour un brunch ou tea timeDans les assiettes, c’est très bon. 
            Les deux cuisinières franco-britanniques ont un CV respectable (Rose Bakery à Paris et St.John Restaurant à Londres).  Au moment de payer, des prix parisiens : pas de mauvaise surprise mais pas de bonne non plus (la formule midi, comme souvent, vaut le coup). 



Le Bal Café 
De 12 heures à 23 heures.

Formule 11€ (midi), carte 25-30 €, brunch 20-25€.



1 boutique : La boutique transparente d’Ideo

 

     Une boutique révolutionnaire pour une marque pionnière. Ken vous en parle dans un article sur la mode éthique. La marque Ideo a lancé en Octobre sa boutique « transparente », dans les locaux même de l’entreprise pour réinstaurer la notion d’échange en ne la réduisant pas à des liens commerciaux basiques
       Il suffit de venir dans le 11e, au n° 1 rue de la rue Robert et Sonia Delaunay. On sonne à « Ideo boutique showroom transparente ». On monte au troisième étage et on est reçu par les employés du siège qui se relaient pour nous accueillir. Un coup c’est le comptable ou la styliste, une autre fois la modéliste… à moins que ce ne soit la directrice en personne. Dans une ambiance écolo, vintage mais très design quand même, la boutique n’est séparée des bureaux de l’entreprise que par une baie vitrée. On nous guide, nous explique la démarche de l’entreprise, nous détaille les collections. On peut poser toutes les questions indiscrètes que l’on veut, jeter un oeil à la collection en route. On papote et fouine, un peu comme chez nousLes retouches sur place sont gratuites et on peut revenir quand on veut pour faire une réparation. On peut dégoter d’anciens modèles dans les stocks ou trouver des accessoires vintage chinés par le spécialiste GoldyMama.
        De la transparence pour une marque et un travail irréprochables !… On peut aussi y aller lors des soirées troc, des ateliers de customisation… ou pour des soldes et des ventes privées.


1 rue Robert Sonia Delaunay, 11e
3e étage
Du lundi au vendredi de 10h à 19h
Le Premier samedi du mois de 14h à 18h
Prochaine Vente Privée (spéciale enfants) : 14 et 17 Septembre
Inscription à boutique_paris@ideocollection.com
www.ideocollection.com


1 hôtel : Hi Matic
   Hi Matic – un hôtel XXIe siècle, insolite, économique, entièrement automatique et écologique. Un e-hôtel en quelque sorte. Premier du genre à Paris, c’est le dernier né du collectif Hi-Life, groupe hôtelier green et futuriste, qui prône une vision différente de l’hôtellerie.

Figurez-vous une hôtellerie pratique et accessible, qui mêle les codes de l’hôtel urbain et du logis à la campagne, avec une démarche éco-responsable. Au croisement d’un ryokan japonais, d’une auberge de jeunesse et d’un gite étape, l’hôtel Hi Matic réinvente l’hospitalité et révolutionne les codes de la vie quotidienne ainsi que du séjour urbain.  

Un e-hôtel, c’est quoi ? Le Hi Matic est 100 % internet. La chambre se réserve sur le site. En arrivant, aucun personnel sur place. La porte 71 rue de Charonne s’ouvre grâce au code donné sur internet. Un petit appareil vous permet de checker entrées et sorties. Il vous accueille, vous donne les renseignements nécessaires pour vous accompagner. Le wi-fi, des I-pads et des musiques du label Kompact sont évidemment à disposition pour les écolo-branchés hyper connectés qui fréquent ce lieu.

L’hôtel accueille 42 chambres conçues comme des cabanes d’enfant… ludiques, fonctionnelles, modulables et confortablesDe l’ancien petit hôtel, banal, n’ont été gardé que les chambres et escaliers. Du coup, l’idée de la cabane, densifiée, s’est imposée en vue de ne pas perdre d’espace. On se déchausse puisqu’on y vit par terre. Au sol, on trouve un très grand lit pour dormir sur un matelas à mémoire de formes (petit luxe bien appréciable). Ce spacieux tatami peut se rouler et devenir sofa. Autour, des étagères en bois, un petit bureau et un coin salle d’eau. Des couleurs marquées, pures : bleu, orange, vert. Des fenêtres aux volets campagnards, avec une vue sur la rue de Charonne. Des murs nus. Le mobilier est modulable à sa guise. La cabane est une structure en soi qui propose toutes les fonctionnalités. Cocon que l’on s’approprie (très bonne isolation phonique), cette chambre est aussi un nid économe : matériaux comme le bois, objets low design,… Les chambres familiales disposent de mezzanines. Par ailleurs, deux chambres sont destinées aux handicapés. 

        A l’accueil, tout un mur entier est recouvert grande carte de la ville de Paris, sur laquelle les clients laissent la trace de leur coups de cœurs et bons plan. Au lieu de la documentation touristique basique que l’on trouve habituellement dans les hôtels, c’est donc une sorte de guide interactif qui s’enrichit avec les clients.

Au sous-sol, un réfectoire où domine le bois, invite à un petit-déjeuner-plateau ou à l’accès automatique de plats, tout bio. Un drôle de distributeur, HI Shop matic, 24 h sur 24 h, petits produits de dépannage comme des kits de voyage ou brosses à dents ainsi que des souvenirs branchés de Paris, des CDs d’electro, des livres de la collection Actes Sud et….des plats bios. Pas bêtes non plus les consignes à bagages. On peut circuler, se poser et attraper un bouquin, discuter. Ou faire la sieste en individualiste dans sa cabine.

HI Matic
71, rue de Charonne, 11e
www.hit-matic.net / 01 43 67 56 56
Prix des chambres: de 120 à 160 euros


1 lieu culturel englobant : La Gaïté Lyrique

       Moment culturel phare de l’année 2011 à Paris : la réouverture de la Gaîté Lyrique, le 2 Mars, après six années de travaux et 85 millions d’euros lâchés. Ken Métrosexuel et autres parisiens à la page, ont pu assister gratuitement au week end d’ouverture grâce à l’opération médiatique qui a accompagné en grande pompe cet évènement. Autrefois théâtre dédié aux opérettes, ce vieux théâtre à l’italienne, en plein coeur de la capitale (Réaumur Sébastopol), a été rénové de fond en comble. Résultat :Très beau ! Comme pour la Pyramide du Louvre, le vieux se marie très bien avec nouveau, qui le met même en valeur. 

      La toute nouvelle Gaîté Lyrique sera désormais dédiée aux arts numériques et aux musiques actuelles. Elle est bien partie pour devenir une référence en la matière et s’imposer comme incontournable en ce XXIe siècle. Lieu de rencontre entre les technologies, l’art et le public. Toutes les formes de cultures numériques sont comprises : de la musique au graphisme, au jeu vidéo, au cinéma, en passant par le théâtre, la danse, la mode, le design et l’architecture. Il est vrai qu’il manquait un tel lieu à Paris pour un domaine qui envahit finalement tous les autres. 
       Ken considère que la Gaîté Lyrique fait partie de ces lieux culturels englobants. En effet, la programmation s’annonce prometteuse : 3 concerts par semaine, 120 performances, spectacles vivants et multimédia par an, des expositions, des invitations à un artiste, un média, une ville, un label, un festival reconnu et précurseur, des cycles de conférences et des projections… Le lieu se fera à la fois témoin des bouleversements en cours mais aussi acteur. C’est une scène de création en mouvement, pas un simple « musée ».

     Si l’ouverture avait été suivi d’une semaine consacrée à la scène berlinoise, c’est en cette rentrée Istanbul qui sera l’invitée pendant une semaine. 



Gaîté Lyrique
3 bis rue Papin, 3e













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