Du mignon au métrosexuel


      Le métrosexuel représente une révolution dans l’histoire de la coquetterie, jusqu’ici associée caricaturalement à la féminité. C’est Jean Claude Bologne qui nous en convainc dans son excellente Histoire de la coquetterie masculine.
      Selon l’auteur, la coquetterie est l’usage de l’artifice jusqu’à l’excès, la recherche de singularité par l’artifice de l’apparence.
Si le terme « coquetterie » apparaît au XVe siècle, la pratique est ancienne chez les hommes aussi et les mots employés pour la désigner nombreux : mignons, marjolets, muguets, dandys, zazous, punks,… Le terme renvoie au cri du coq, symbole masculin par excellence. Pourtant, la coquetterie a longtemps été critiquée et opposée à l’élégance qui doit caractériser l’homme. Elle apparaît comme naturelle chez la femme mais louche et anormale chez l’homme. Socialement, c’est un agent de différenciation des sexes.
    L’ouvrage casse le cliché selon lequel prendre soin de soi va de pair avec homosexualité chez l’homme. D’ailleurs, associer les deux n’a pas vraiment de sens puisque nombre d’homosexuels cherchent à tout prix à ne pas véhiculer d’image efféminée. A l’inverse, les métrosexuels et encore plus les übersexuels sont les premiers à refuser de sacrifier leur virilité pour un droit à la beauté. Ils jouent sur les deux tableaux et concilient virilité et coquetterie.
      La coquetterie s’est toujours imposée comme un moyen d’échapper aux convenances et d’affirmer sa supériorité sociale. L’ultramodernité nous plonge dans une « révolution du paraître« . Les critères esthétitiques évoluent et le marché de la mode, des cosmétiques s’ouvrent largement aux hommes. Désormais, ils veulent plaire et se plaire (ou plutôt suivent la marche forcée vers la séduction qu’engendre notre société). Les repères se brouillent donc un peu plus : l’identité masculine serait-elle menacée ?
  
Histoire de la coquetterie masculineJean Claude Bologne
Etude (broché), Avril 2011
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