Marche forcée vers la séduction


Résolution de l’année 2012 : Sois beau ou tais-toi !
     Pour stimuler les désirs et créer des besoins, la séduction dont fait preuve la publicité s’impose comme un carburant nécessaire pour la société de consommation. Plus les foules sont séduites, plus elles consomment docilement. Les métrosexuels ont compris la leçon : « Messieurs, si vous voulez séduire, réussir et être accepté socialement, achetez des cosmétiques, de beaux fringues et dépensez pour prendre soin de vous. » 
      C’est ce que Ken a fait pour reconquérir Barbie. Devenir plus séduisant, être « tendance » et raffiner son mode vie dans les méaglo-métropoles. Croyez-le, c’est un travail à plein temps. Peu à peu, cette dictature du paraître s’est implantée et a fini par atteindre toutes les couches de la société
   Combien de gens vivent une relation « sensuelle » avec leur I-phone ? Combien les politiques dépensent-ils en com’ pour se faire élire, réélire ou juste augmenter leur popularité  ? Demain, même les codes barres dans les supermarchés n’auront plus l’aspect austère qui les caractérisent aujourd’hui mais seront relookés pour s’intégrer à l’image marketing de la marque. Des codes sexy ? L’agence Vanity Barcodes en a fait son business.

Les femmes-objets, première cible
       Les premiers perdants de cette course à toujours plus de séduction sont les femmes. Elles sont victimes de l’hypersexualisation dans la publicité. Leur image dans toute la société se retrouve conditionnée par le rôle – limitée et plus ou moins dénudée – qu’on leur assigne dans les spots publicitaires ou les médias plus largement. Un documentaire de 2011, Miss Representation, entend attirer l’attention sur le lien entre l’image des femmes dans les médias et leur sous-représentation dans les postes clés.
Aux Etats-Unis par exemple, les femmes ne représentent que 3% des postes d’influence dans la publicité, l’édition, le divertissement et les télécommunications.
Campagne Calvin Klein, Mai 2009, Manhattan

       Une récente initiative de Steven Greenstreet montre à quel point le sujet est sensible. Ce jeune homme a ouvert un blog sur les plus jolies spécimens féminins d’Occupy Wall Street : hotchicksofoccupywallstreet.tumblr.com

    Bien que le second degré semble assez évident, le blog et son contenu a fait polémique. On l’a immédiatement accusé de sexisme et de vouloir rabaisser les femmes au rang d’objets.
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