La ville comme terrain de jeu


    L’espace urbain est parfois présenté comme hostile à l’homme. C’est pourtant bien l’homme qui en est l’origine. A lui donc de se l’approprier. Du Street Art de plus en plus courant à la guerre des Post-its, la ville se mute en terrain de jeu.


Guerre des Post-it
     Plus l’heure est grave, plus il faut se lâcher. C’est ce qu’ont fait les salariés des Tours de la Défense l’été dernier, en pleine crise. Un art collaboratif éphémère est né de cette course à la boîte qui fera le meilleur dessin en post-it. Du coup, ce ne sera pas la crise pour la société 3D, qui produit les post-it et enverra des paquets gratuits. 
   La palme revient quand même à la Société Générale. Le 1er Septembre, elle perd la moitié de sa valeur boursière. Que font les salariés à la pause de midi ? Ils font surgir, en 1h30 et à l’aide de 9000 post-it, un Obélix triomphant sur six étages. Un déni de réalité plutôt imposant !

Légo

      La ville s’abîme sous le poids des années. Certains ont décidé de ne pas laisser les édifices se décrépir et reconstruisent les parties manquantes avec des briques de légo. Tour du monde des opérations légo sur le site www.dispatchwork.info… 
New York, Bryan Parc – W 42nd Str. (Source : www.dispatchwork.info)

     Parfois, ce ne sont pas que des bouts de légo qui intègrent l’espace urbain mais des édifices entièrement bâtis avec des briques Légo. Le record de la plus haute tour du monde Légo a été battu à Paris lors du dernier KIDEXPO qui s’est tenue du 21 au 24 Octobre porte de Versailles. 
31, 60 mètres, soit un immeuble de plus de 10 étages et plus de 10 000 briques utilisées 

Space-invader  
      Un type qui colle des aliens en mosaïque aux quatre coins du globe ? En voilà une idée saugrenue. C’est pourtant ce qui a valu le succès à Invader, le mystérieux artiste anonyme. En effet, il agit la nuit, dans l’anonymat et l’illégalité. Lorsqu’il apparaît dans les médias, soit il a le visage pixelisé ou caché par un masque soit il se montre de dos.
    En 1998, cet artiste français commence à installer sur les murs de Paris des « space invaders« , c’est-à-dire de petites mosaïques tirés du jeu vidéo éponyme sorti en 1978. En une décennie, il a « envahi » (sans accord au préalable, c’est bel et bien d’invasion qu’il faut parler !) les mégalo-métropoles des cinq continents mais aussi des villes plus modestes, comme Avignon et son palais des papes.
     La démarche de l’artiste a évolué depuis son premier invader, plus proche de l’ « accident artistique ». Il cherche à contaminer l’espace public et visuel, faire rencontrer le pixel et la mosaïque en transposant un jeu dans la réalité. Son geste se veut révolutionnaire. Son invasion ne se fait pas à l’aveuglette mais nécessite un plan. Les lieux sont choisis selon des critères esthétiques, stratégiques ou conceptuels. 
    Il s’agit la plupart d’endroits très fréquentés ou, au contraire, de coins insolites. Parfois, il s’attaque même à des symboles des mégalo-métropoles, comme le musée du Louvre (invader enlevé depuis) ou les lettres HOLLYWOOD sur la colline. Enfin, le matériau étant difficilement altérable, les mosaïques résistent très bien aux ravages du temps.
      Aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, il est reconnu comme un précurseur du street art. Il a notamment été exposé au MOCA de Los Angeles. En France, on lui a finalement consacré une exposition en 2011 (Invader 1 000 à La Générale à Paris), à l’occasion du 1000e space invader posé dans l’espace parisien. 


Poésie urbaine
        Pourquoi ne pas s’amuser avec un paysage urbain ? Le décaler, le rendre poétique ? Certains artistes comme Sandrine Estrade Boulet (www.sandrine-estrade-boulet.com)  détournent les objets urbains. Après tout, l’imagination est notre plus beau trésor.  
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