Financement participatif de la culture



     M. Tout le monde va-t-il demain financer la culture et collaborer à la réussite d’artistes ? La philantropie est à la mode, la crise a remis en cause un mode de vie tourné vers l’argent et les médias sociaux permettent d’impliquer des particuliers dans la conception ou la promotion de créations culturelles. On parle donc depuis quelques années de crowdfunding et de crowdsourcing. Une manière idéale pour les artistes de compléter voire substituer l’aide publique ou de contourner leur dépendance aux grands groupes, notamment dans l’industrie musicale ou cinématographique. Une manière pour les citoyens de donner du sens et un engagement à leur vie de consommateur postmoderne. Bienvenue dans l’ère de la production culturelle collaborative et participative. Alors, ça vous tente de devenir producteur de musique ou de cinéma ? 


Crowdfunding – financement collectif 
Mode de financement alternatif pour des projets qui, ne pouvant faire appel aux agents traditionnels (banques, investisseurs,…), se financent grâce à l’accumulation de petits investissements de personnes ordinaires (internautes, réseaux de contact, amis, …). 

Crowdsourcing – externalisation ouverte

Fait d’utiliser la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre de personnes (internautes en général), en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur. 



Musique 

      Créé en Décembre 2007, MyMajorCompany est un pionnier du crowdfunding. Il s’agit d’un label musical communautaire : les internautes achètent des parts de contribution dans un projet d’album et donnent ainsi réalité à des contes de fée, comme le succès de la camerounaise Irma. 
     Le site Oocto est un petit nouveau qui vise aussi à aider les artistes à percer dans l’impitoyable industrie musicale. Il se démarque néanmoins en ne liant pas seulement les artistes avec leur public mais aussi avec des professionnels du métier :managers, graphistes et ingénieurs du son,… Il mise aussi beaucoup sur la relation humaine artiste-fan. On ne demande pas uniquement aux fans de financer mais aussi de prêter des coups de main, comme l’organisation d’évènements, la figuration dans un clip,… Si ceux qui donnent de l’argent ou du temps ne toucheront pas de pourcentage sur les ventes, il se « rémunèreront », ou plutôt y trouveront leur compte avec des cadeaux, des exclusivités (dédicaces, invitations, concerts privés) et la fierté de prendre part à un projet artistique.

      C’est par exemple cette solution-tremplin d’Oocto qu’a choisi le groupe parisien STUDIO PARADISE pour trouver les fonds nécessaires à la réalisation du clip qui accompagnera la sortie de leur premier EP en Mars et leur concert au nouveau casino. Après avoir franchi rapidement les étapes et avoir accumulé une sérieuse expérience sur la scène parisienne, le groupe se prépare à la sortie d’un album. En quelques semaines, plus de 2300 euros sur les 3000 nécessaires ont été récoltés. En échange par exemple : un vinyle dédicacé, l’EP 5 titres avant sa sortie officielle, un accès backstage, un concert privé sur skype,…

Pour soutenir le projet de clip de STUDIO PARADISE, rendez-vous sur leur page Oocto : 


Edition

       Le site pionnier MyMajorCompany s’est depuis développé et propose désormais de devenir aussi éditeur de BD et de livres. Pour les amoureux de la photo, la plate-forme numérique Crowdbooks permet de réaliser des livres de photographies et d’art grâce au crowdsourcing. 

Cinéma 

    Le financement participatif s’est aussi imposé au cinéma. Demain la veille est le premier film au monde à avoir été financé par un système de donation sur internet en échange du nom au générique ou d’une présence sur le tournage. Deux plateformes (www.touscoprod.com, www.motionsponsor.com) proposent aux internautes de financer la production de petits films en les intéressant aux recettes producteurs.  En général, la déduction fiscale assure un risque moindre. Certains films permettent même aux internautes de gagner de l’argent, comme le documentaire Les rêves dansants : sur les pas de Pina Bausch.

Théâtre et Danse

     Le Théâtre des bouffes du Nord a fait appel, en Novembre 2011, à des particuliers pour financer une création d’un compositeur contemporain, O Mensch ! 27 « mécènes » ont répondu présents et moyennant la somme de 3000 euros (soit 1020 après déduction fiscale de 66% pour des particuliers), sont devenus devenus commanditaires de l’oeuvre. C’est une première pour un théâtre et les deux cotés y trouvent leur compte. L’investissent est finalement très accessible, d’autant plus que les « cadeaux de remerciement » atteignent la valeur du don : exemplaire personnalisé de la partition, invitations aux répétitions, à la création et à un autre spectacle de la saison,….

Enfin, le « parent pauvre » des arts du spectacle vivant, la danse, a-t-il un avenir dans le crowfunding ? Pour les grandes compagnies, ce n’est pas encore le cas mais cela n’empêche pas des projets personnels de chercher à se développer de cette manière. Kickstarter, la plus grande plateforme de financement participatif de projets de création, permettra peut-être par exemple à un danseur, Folawole, de présenter sa performance de master dans un théâtre de San Franscisco.  Pour soutenir son projet, rendez-vous sur sa page Kickstarter :
http://www.kickstarter.com/projects/folawole/folawole-and-guests-at-the-mondavi-center-for-the

 

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