Villes les plus compétitives


     Sur une étude commandée par la banque Citygroup, l’lEU (Economist Inteligent Unit, structure d’analyse statistique qui dépend de The Economist) a classé les villes selon leur compétitivité. 120 grandes métropoles se voient notées sur leur capacité à « attirer les capitaux, les entreprises, les talents et les touristes ».
    Le rapport met en évidence le fait que la densité urbaine plus que la taille de la ville importe en termes de compétitivité. On retrouve d’ailleurs dans le TOP 3 aussi bien le géant urbain qu’est New York avec une aire urbaine de 20 millions d’habitants que la cité-Etat de Singapour qui ne compte guère plus de 5 millions d’habitants. Par contre, la densité est un facteur important et explique notamment pourquoi une ville comme Hong Kong réussit si bien. A l’inverse, les villes très étendues ont peu de chances d’être parmi les plus compétitives.
D’autre part, cette étude réalisée, comme bien d’autres, montre bien l’importance croissante des mégalo-métropoles dans l’économie mondiale. Le business international ne fait pas tant cas d’un pays mais plus des villes.
   Précisons enfin que pour calculer la compétitivité, l’IEU n’a pas qu’étudier la taille et la croissance économique des métropoles mais aussi la qualité des infrastructures, l’environnement réglementaire, le capital humain et la qualité de vie.



New York (1ère) et Londres (2ème), toujours au top

     Malgré des infrastructures qui vieillissent et d’importants déficits budgétaires, les mégalo-métropoles occidentales continuent d’attirer un formidable capital humain, New-York en tête. Or la corrélation entre le capital humain et la compétitivité générale est mis en évidence dans les études. L’avantage concurrentielle des vieux pays industrialisés s’explique aussi par des atouts historiques, que pourront leur envier les futures grandes métropoles asiatique de demain. Enfin, New York et Londres, s’imposent comme des métropoles complètes qui excellent certes dans le secteur financier mais aussi dans la quasi-totalité des secteurs de l’économie. La couronne revient à New York pour sa diversité justement : commerce, médias, art, mode, technologie, finance, éducation et recherche. 
    Ces deux métropoles de premier rang enfin n’attirent pas les couches les plus éduquées et les plus aisées pour leurs opportunités professionnelles uniquement mais également pour leurs activités culturelles et leur qualité de vie. 

Singapour (3ème), ville asiatique la plus compétitive

     Singapour devance de peu sa rivale Hong Kong, qui arrive à la place suivante, ex-aequo avec Paris. Ceci s’explique par la politique d’ouverture et de réglementations strictes menées depuis les années 70 qui assurent un environnement durable pour les entreprises et une qualité de vie pour les habitants. Hub ouvert sur l’extérieur, Singapour s’efforce de favoriser les flux de personnes, d’idées, de capitaux, de biens et de services. Ainsi, depuis 2005, 1 millions d’arrivées ont été comptabilisés et sa croissance a atteint 4,9% en 2011. Enfin, l’efficacité et l’offre des transports y est aussi pour beaucoup dans la réussite de la ville.



Paris (4ème ex-aequo)

    Paris et Hong Kong se partagent la quatrième place du podium. La capitale française n’est donc pas autant en perte de vitesse que les déclinistes voudraient nous le faire croire. Ken affirmait déjà en 2009 que le pire ennemi des français et de leur capitale n’était autre qu’eux-mêmes et leur pessimisme. Paris face à la crise a plutôt bien résisté et se paye quand même le luxe d’être la quatrième ville la plus compétitive du monde et la deuxième en attractivité globale (cf. le rapport de l’IEU), juste derrière Londres. 
      N’en déplaise aux ultranéolibéraux anglosaxons (on remarquera d’ailleurs que l’IEU a tout simplement zappé Paris pour l’illustration de couverture et mis Hong Kong seul en quatrième place !),  la France a tous les atouts pour ne pas être la prochaine Grèce et garder son rang de cinquième puissance mondiale encore quelques années. 
      Paris se trouve toutefois dans une pente délicate. Le refus de construire, de prendre de la hauteur et donc de grandir sans chasser les classes moyennes peut coûter très chère à la ville. De même que sa vie nocturne qui peu à peu s’assagit et la tentation de l’immobilisme. Le Grand Paris nécessite des investissements (notamment dans les transports, où quasiment rien n’a été fait depuis l’arrivée des RERs dans les années 80).  Si les dirigeants français ne réagissent pas, Paris risque d’être ce que beaucoup pensent qu’elle est déjà : une ville musée, une ville de second rang. Dans un pays où on a tendance à opposer la grande ville Paris au « désert français », on oublie que Paris produit l’essentiel des richesses et est un atout inestimable dans le monde globalisé du XXIe siècle



Buenos Aires (60ème), ville sud-américaine la plus compétitive

    La première ville sud-américaine citée, avec la 60ème place, n’est autre que Buenos Aires. La capitale argentine devance de deux places Sao Paolo, sa rivale brésilienne. Elle se hisse de justesse donc dans la première moitié du classement des 120 villes. 


Consulter l’étude : http://www.citigroup.com/citi/citiforcities/pdfs/hotspots.pdf
     Cette étude va dans le sens de l’article de Ken sur la capitale du monde. Paris ne peut prétendre à la première place mais ceux qui annonçaient Londres sur le podium ont eu tort de sous-estimer New York qui n’a rien perdu de sa grandeur. 
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