NY, nouvelle Silicon Valley ?


      Réélu en 2009 pour un troisième mandat consécutif, Michael Bloomberg, outre son obsession de « normaliser » et assainir la métropole, s’est lancé un grand défi : faire de New York le nouvel épicentre de la high-tech américaine, une capitale mondiale de l’innovation. La Silicon Valley a doucement ri mais n’a qu’à bien se tenir. Rira bien qui rira le dernier. S’il y a une mégalo-métropole dans le monde dont il ne faut pas sous-estimer le potentiel, c’est bien la capitale des capitales. Big Apple est dynamique, attractive et compétitive. Elle ne se contentera pas d’une deuxième place. Objectif : être le leader incontesté dans l’économie du XXIe siècle. 


La « Silicon Alley » fait de l’ombre à la Silicon Valley
     Plusieurs géants de la Silicon Valley ont ouvert ces dernières années des bureaux à Manhattan, comme Google et Facebook. Google New York par exemple a fait ses débuts en 2000 avec un seul employé qui travaillait dans un Starbucks sur la 86e rue. Aujourd’hui, Google a acheté un immeuble à Chelsea et emploie 2 000 personnes. 
    Puis se fut au tour des start-ups de se laisser séduire par la fameuse « Silicon Alley », cette technopole qui, de Midtown à Union Square, concentre des entreprises dans le domaine des médias, de la publicité, de l’édition et du web. Depuis quelques mois a même ouvert à Chelsea un magasin dédié aux start-ups d’e-commerce : StoryA mesure que Wall Street perd des emplois, la Silicon Alley grandit, bénéficiant de réussites éloquentes comme  celle de Foursquare et de Tumblr. Au 3ème trimestre de 2011, la région de NY est arrivée pour la première fois en deuxième position pour les investissements privés dans le secteur, à égalité avec le Massachusetts et derrière la Silicon Valley. 


Incubateurs d’entreprises 
     La mairie a fait de son mieux pour favoriser l’implantation et le succès de start-ups avec une dizaine d’incubateurs d’entreprises, des concours d’idée (comme BigApps) et des partenariats public-privé. Les jeunes start-ups sont accompagnées dès leur création et jusqu’à la première levée de fond. On leur met à disposition des locaux à prix raisonnable, un argument qui ne laisse pas indifférent dans une ville où les prix de l’immobilier n’en finissent plus de grimper. L’incubateur TechStars va même jusqu’à proposer trois mois de tutorat avec les plus grands du secteur. 
       D’autre part, des évènements comme le NY Tech Meetup, dont les billets se vendent à une allure démente, sont désormais incontournables. Huit entrepreneurs ont la chance de présenter leur projet devant des centaines d’investisseurs. Parmi eux, les fondateurs des start-ups de demain. 
      Si la « Silicon Alley » ne s’impose pas (encore?) comme une technopole spécialisée dans la technologie pure, la présence de secteurs innovants et d’un marché local fort représentent un atout indéniable. La mégalo-métropole aux 20 millions d’habitants et à l’énergie débordante domine le marché américain de la mode, des médias, de la publicité, de l’édition, de la finance et peut-être bientôt de l’high tech

Un campus sur Roosevelt Island en 2017

    Outre les prix exorbitants de l’immobilier, l’autre point faible de NY n’est autre que  la pénurie d’ingénieurs, qui préfèrent la Silicon Valley. Voilà le coeur de la concurrence avec la côte Ouest, où les candidats sont encore beaucoup plus qualifiées. Pour y remédier et pour attirer plus de cerveaux, la ville a signé un accord avec l’université Cornell pour créer d’ici à 2017 un campus de haute technologie sur Roosevelt Island. L’agence pour le développement économique de la ville prévoit que ce campus serait en mesure de générer 3 milliards de dollars et créer 30 000 emplois dans les 30 prochaines années.

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