De l’Underground à l’Overground


     Avec les JOs, Londres compte bien impressionner le monde entier et rappeler que si le centre de gravité tend à quitter l’Occident industrialisé pour se rapprocher des pays émergents, Londres reste un épicentre. La capitale britannique a essayé de rattraper son retard en matière de transports en commun et notamment de mieux desservir l’Est où se dérouleront les jeux.
    Londres a pris un retard important. Les transports en commun n’y jouissent pas d’une bonne réputation.  Il faut dire que la circulation n’est que rarement fluide. Pourtant, le métro londonien, le plus fréquenté d’Europe, transporte 8 millions de passagers par jour. Quelques améliorations et travaux nécessaires ont certes été effectués ces dernières années mais à quel prix ? Les tarifs ont plus que doubler en 10 ans. Comme beaucoup de choses à Londres, les trains et les métros sont des jouets pour riches. Les classes populaires en sont exclus.
     Malgré une avancée notable en vue des JOs, le réseau reste insuffisant et mal pensé, notamment à cause des  changements de lignes cauchemardesques. Sans oublier les pannes fréquentes et les travaux qui perturbent sans cesse le trafic. 

  

Un réseau… vite fait mal fait !

        Le fameux Tube peut se targuer d’être le premier métro du monde. Il est né dans l’euphorie de la révolution industrielle, à l’époque où Londres dominait l’empire et le monde. Entre 1860 et 1900, on s’empresse alors de construire sous terre. Qui construit ? Des compagnies privées ! Sans concertation, ces investisseurs concurrents creusent… parfois dans le même quartier et sans prendre la peine de relier les tunnels, d’où un réseau qui a parfois des allures de labyrinthe. Cela n’empêche pas le métropolitain de connaître un succès fulgurant. Au début du XXe siècle, les quatre lignes existantes – Metropolitan (1863), District (1868), Circle (1884) et Central Line (1900) – font voyager 1 million de Londoniens. La métropole compte à cette époque 7 millions d’habitants.

  

Une carte mensongère 



     L’avantageuse carte de 1933 d’Harry Beck reprend le principes des schémas électriques. Cette méthode a depuis été utilisée partout pour former les plans de métro. Cette carte s’éloigne beaucoup de la réalité géographique et a été conçue pour tranquiliser le public et lui donner l’illusion de lignes parfaites avec des injonctions faciles. Par exemple, les écarts entre les station du centre ville sont presque de même taille que ceux entre les stations en banlieue pour donner l’illusion aux banlieusards de ne pas être si loin du centre de la mégalo-métropole. Si l’on regardait une « vraie » carte, les erreurs commises et le retard qu’a pris la ville eu égard à la taille de l’agglomération et du volume des flux quotidiens apparaîtraient clairement.

  

Investissements à l’Est et réhabilitation de l’Overground

     L’East End où se déroûleront les JOs s’imposait comme le quartier le moins bien desservi de la capitale. C’est désormais la partie du réseau la plus récente, la mieux connectée et la mieux pensée.  D’importantes dépenses ont permis notamment de faire sortir de terre la station de Stratford, à coté du village olympique, une multitude de voies de train et de métro. Depuis 2007, d’anciennes gares désaffectées ont été réhabilitées pour que circule à nouveau l’Overground, un métro aérien qui desservait ces quartiers Est.

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