De l’art de gérer les flux

       Dans une grande métropole, la gestion des flux est primordiale. L’attractivité de la ville et le bien être métropolitain sont en jeu. Paris demeure une des villes les mieux desservies et connectées au monde. Son important réseau de métros par exemple, construits pour l’essentiel il y a près d’un siècle, et la fréquence de ses rames (1 en moyenne toutes les deux minutes en heures de pointe) témoignent de l’avantage concurrentiel de Paris en termes d’infrastructures. Toutefois, être capable de répondre à une demande exponentielle de transports, de services et de confort requiert un certain savoir faire et de l’ingéniosité.  

    

Chiffres clés des principaux flux parisiens: 

° Gare du Nord = 550 000 voyageurs par jour, 1ère gare d’Europe en trafic, 2e au monde pour la capacité voyageurs.

° Gare St Lazare = 400 000 voyageurs par jour, 2e gare d’Europe.

° Pôle d’échanges de Châtelet-les-Halles = 800 000 voyageurs par jour, plus grande gare souterraine du monde en nombre de voyageurs et de train.

° Aéroport Roissy-Charles de Gaulle =  61 millions de passagers en 2011, 2e aéroport d’Europe pour le nombre de passagers, 1er pour le nombre de mouvements d’avions, 2e aéroport du monde en nombre de passagers internationaux.

    

De l’importance des gares bien pensées

     En 1997, la SNCF a créé sa propre agence d’architecture, AREP, devenue aujourd’hui une référence dans le monde et missionnée par exemple pour les gares de Shangaï, Turin et Bombay. Le rail étant devenu un enjeu de développement territorial avec des lignes à grande vitesse, les gares se devaient d’absorber des flux de plus en plus importants. Il fallait à tout prix éviter les erreurs commises dans le passé, comme la construction de Lyon Part Dieu prévue en 1983 pour 35 000 voyageurs par jour et qui rapidement a dû en accueillir 100 000. La nouvelle gare Montparnasse, remodelée avec peine en 1990 pour le TGV Atlantique, ne fut pas non plus une réussite. Qui, par exemple, sait où se trouve exactement la gare Montparnasse 3 – Vaugirard ? (Faites le test. Comptez le temps nécessaire pour rejoindre Montparnasse 3 de la ligne de métro 4 ou 12)

 

Quelques règles à suivre à tout prix :

 1) Avoir un plan orthogonal pour que les gens savent d’où ils viennent et où ils vont.

 2) Les flux de voyageurs ne doivent jamais se croiser.

 3) Les informations doivent être là où on les attend et facilement compréhensibles (seulement 25% du message est en moyenne perçu par les voyageurs).

  

Pour illustrer ces règles. Prenons quelques contre-exemples parisiens : 

1) La gare souterraine de Châtelet-les Halles : les couloirs partent en biais, en arrondie, de manière imprévisible. Il est impossible de s’y retrouver. Il aurait mieux fallu prévoir des chemins rectilignes.

2) La bulle en verre à St Lazare : en 2003, une nouvelle station a été construite pour le raccordement de la ligne 14 météor. L’idée de départ n’était pas si mauvaise : la coupole transparente fait rentrer la lumière du jour au plus profond de la station pour que les passagers sachent où se trouve la sortie. Mais l’orientation des esclators est fatale. On croise inévitablement les flux inverses d’où des mini-embouteillages permanents.

DSC05875

la bulle en verre construite pour la ligne 14 à St Lazare

3) Les plateformes de Paris – gare de Lyon : les quais jaunes comprenaient des numéros et les bleus des lettres alphabétiques. Pourtant, une enquête a révélé que ce système ne parlait pas. Désormais, il y a le hall 1 (bleu), le hall 2 (jaune) et le hall 3 (ancienne salle Méditerrannée remodelée). D’autre part, la nouvelle charte graphique de la SNCF a été adoptée : bleu pour les trains, vert pour l’intermodalité (taxis, métro, vélib’), jaune pour les services (consignes, toilettes).

la nouvelle charte graphique à Paris Gare de Lyon

          La signalétique a longtemps été utilisée à des fins sécuritaires : il fallait pouvoir faire sortir les passagers vite et efficacement, notamment dans le métro à cause des risques d’incendie dans les souterrains. Aujourd’hui, il est plutôt question de présenter les correspondances, la sortie vers la ville et les services éventuels proposés dans les lieux de transports. Un outil pour fluidifier et simplifier les parcours

 

Liftings des gares, nouveaux lieux de consommation

       Dans les dernières années, presque toutes les gares parisiennes ont été rénovées. La filiale de la SNCF responsable de l’aménagement des gares, Gares et Connexions, a compris qu’il fallait optimiser le temps d’attente donc proposer des services et des commerces : Monoprix à la gare du Nord, Virgin à la gare de l’Est, la librairie Payot à Montparnasse, un laboratoire d’analyses médicales à St Lazare. Les services peuvent être développés à l’intérieur des gares, tout comme pour le mobilier urbain : pourquoi ne pas installer dans les gares des crèches, une antenne de Pôle emploi, des points de dépôt pour des paniers fraîcheur de produits locaux, des salles de conférence à louer, un lieu pour récupérer des colis acheter sur internet, etc ?

    Ainsi, les gare du nord, de l’est et St Lazare se sont vus transformées en temple de la consommation, avec des dizaines de marques présentes. La dernière en date, la gare St Lazare, aborde depuis quelques mois son fier lifting qui lui a valu la bagatelle de 250 millions d’euros. Le plancher de l’ancienne salle des pas perdus a été trouée sur 2 étages. Avec 21 nouveaux escalators qui rendent visible le rapport entre le dessous et le dessus, des accès directs au métro et au RER sur toute la longueur du bâtiment, les flux en heure de pointe sont facilités. 

DSC05873

la gare St Lazare rénovée en 2012

  

Expo : Quand nos mouvements façonnent les villes

 On cherche actuellement à aménager les lieux de transport, à les intégrer à la ville. L’exposition « Circuler : Quand nos mouvements façonnent les villes » met en évidence l’évolution des transports dans les mégalo-métropoles. En effet, nos manières de circuler ont provoqué l’aménagement de l’espace. Que seraient les villes sans les réseaux de transport ? Des accumulations de richesses humaines, culturelles, économiques certes mais auxquelles on ne pourrait accéder. 

    La dernière décennie se caractérise par un changement de paradigme.  Après la seconde guerre mondiale, la vision rationaliste de la ville a conduit à diviser l’espace urabin en secteurs dédiés à une fonction : habiter, travailler, consommer.  Les trajets se devaient d’être de plus en plus rapides, le temps de transport était vu comme du temps perdu. De nos jours, on cherche à mélanger les fonctions de la ville et créer des lieux mixtes, équilibrés, de vie. Les modes doux sont revalorisés :  retour par exemple aux tramways et aux vélos. On est sortis de l’idéologie de la vitesse pour revenir à celle du parcours enrichissant. 

    

Les nouveautés du Grand Paris

       Avec le Grand Paris, les franciliens ne seront plus obligés de passer par le centre de la capitale pour se déplacer. A Massy par exemple, la construction d’une gare TGV et régionale vise à contourner Paris. On pense intaller des gares TGV à Orly, au Bourget, etc…

   Les nouvelles gares du Grand Paris redynamiseront bien souvent des friches industrielles, aujourd’hui pas très glamour. Une autre transformation urbaine importante consistera à décloisonner Paris intra muros. A la porte des lilas par exemple, le périphérique a été recouvert pour instaurer une continuité entre intra-muros et la banlieue.

    

Air France veut faire de Paris-CDG le hub du futur

     Air France espère créer le hub du futur en faisant évoluer, en 2012, le fonctionnement de Paris-CDG. L’accent a été mis sur le trafic en correspondance et la qualité des services pour maintenir la compétitivité du hub le plus puissant d’Europe.

    Le programme des vols est organisé en 6 plages de rendez-vous, soit six vagues d´arrivées et de départs, pour permettre un maximum de correspondances dans un délai court. Ainsi, Air France offre 25 000 opportunités de correspondance en moins de 2h. Pour fluidifier encore les correspondances, les vols internationaux ont été regroupés dans le terminal 2E et les vols de l’espace Schengen dans les terminaux 2F et 2G. 

     Une nouvelle salle d’embarquement au terminal 2E, le satellite 4. Sorte de vaisseau amiral, ce satellite 4 sera une promenade à travers Paris avec ses boutiques, bars et restaurants agencés autour d’une place centrale, qui reflète l’image de la capitale et l’art de vivre à la français. Un concentré de patrimoine français en somme. Est inauguré cette année aussi le nouveau salon Air France pour les classes Affaires et Elite Plus, inspiré d’un parc et pensé comme un lieu de respiration et de détente. Cette nouvelle approche du service client était devenue une priorité depuis plusieurs années pour la première destination touristique mondiale face aux critiques et aux résultats décevants dans les classements internationaux. Le site de voyages de CNN lui a, par exemple, décerné en 2011 le triste titre d’aéroport le plus détesté au monde. Pour y remédier, entre autres, seront mis en place des agents multilingues pour ceux qui ne parlent ni français ni anglais. 

     Le réseau Air France est connecté au réseau TGV. Il s’agit du seul aéroport au monde à bénéficier en son sein d’une gare de train à grande vitesse et à proposer des correspondances directes avec le train : Bruxelles, Lille Europe, Lyon-Part-Dieu, Nantes, Poitiers, Angers, Le Mans et Tours-Saint-Pierre-des-Corps.

Publicités