La déferlante des food trucks

     Aux Etats-Unis, le succès des foodtrucks gastronomiques, ces camions de street food qui servent des mets de qualité, n’est plus à démontrer. Ce sont désormais les autres mégalo-métropoles qui se laissent séduire. Paris en tête où ce phénomène traduit une véritable révolution dans le monde gastronomique.

     Le concept vient de L. A. Il a été quelque peu « rafraîchi », a monté d’une gamme et s’est adapté aux formidables opportunités qu’offrent les réseaux sociaux. En effet, pour savoir où le camion fait escale et le localiser immédiatement, il suffit de consulter le site internet et les réseaux sociaux.

    Nombreux sont les entrepreneurs qui se lancent dans de telles aventures avec une volonté d’aborder la nourriture et la relation aux clients différemment. Les coûts étant réduits au maximum, la nourriture proposée peut être de qualité à des prix raisonnables. Du coup, nourriture à emporter ne rime plus avec malbouffe.

      Dans l’imaginaire collectif, le camion évoque plusieurs choses : d’abord, la nourriture de plage et d’été (glaces, hot dogs, etc…) ; ensuite, les tournées des stars et les coulisses ; enfin, les caravanes et donc la période hippie, nomade. Il s’agit de marchands ambulants qui répondent aux attentes des nouveaux consommateurs : ils mêlent réel et virtuel, ils sont nomades, ils créent un vrai rendez-vous avec les consommateurs qui se déplacent pour les trouver. Enfin, ils retrouvent la spontanéité qui manquent trop souvent dans une société programmée pour consommer. Le shopping doit désormais apporter quelque chose d’autre. Il doit offrir une expérience.  

  

LOS ANGELES et NEW YORK

      En Californie, il y a des food trucks à tous les coins de rues et pour tous les goûts : le camion Kogi par exemple propose des spécialités mexicano-coréennes. Le site www.foodtruckmaps.com recense tous les foodtrucks en circulation dans les villes de New York, Los Angeles et San Fransisco.

      A New York, on décerne même chaque année un Vendy Award, une sorte d’oscar de la street food attribué au meilleur des 7 000 cuisiniers ambulants. New York bénéfice d’une grande variété alimentaire en raison des nombreux immigrés qui préparent leurs spécialités. A midi en semaine, ils sont de Midtwon à Wall Street et plutôt à Soho le week end. Les hommes en costume pressés en rafolent à leur pause : falafels, schnitzels, burgers, dim sum, tacos, crèpes, beignets, glaces artisanales, cookies, brownies,.. Le bon vieux hot dog et le bretzel n’ont qu’à bien se tenir. Le succès new-yorkais des foodtrucks s’explique aussi par les prix de l’immobilier : en moyenne, un million de dollars est nécessaire pour ouvrir un resto à New York, contre 75 000 à 125 000 dolars à investir dans un camion équipé. 

    

PARIS 

   A Paris, la folie Food Truck a débuté en décembre 2011 avec Le Camion Qui Fume. Le camion vend de délicieux burgers dont les produits proviennent d’artisans de qualité. Un deuxième a fait de son arrivée, au mois d’avril, un nouveau buzz : Cantine California, avec ses recettes californiennes typiques et ses tacos.

      Puis, l’ouverture d’un « camion glacé » installe définitivement la tendance à Paris. Glaces Glazed dont le slogan n’est autre que « Laissez les parfums effacés aux personnes effacées !!! » propose des glaces artisanales, made in Paris avec des ingrédients bio et pots recyclables. Lancé à une des fameuses « soirées construction » du mois de juillet au Palais de Tokyo, les glaces s’appellent Orange mécanique (Orange, Campari, réduction balsamique), Smoke on The Water (vanille de Madagascar et graines de chanvre bio), Black Sugar Sex Magic (chocolat noir, wasabi, gingembre) ou encore Rehab (betterave, pomme, fenouil et gingembre). Produites en édition limitée, ces petites folies parisiennes sont également distribuées en exclusivité au Wanderlust et chez Colette. Enfin, pour 20 € par trimestre, on adhère au club Glazed. On reçoit tous les mois une saveur exclusive et on choisit les prochains parfums. Des glaces sur mesure…

     Contrairement à d’autres cuisines du monde, la France n’a pas dans sa tradition culinaire de cuisine de rue, même si beaucoup de plats dans les cuisines régionales pourraient être transposés en version food truck. La newsletter MyLittleParis avait justement anticipé le phénomène. Lors de la sortie de leur livre, un vélo-chocolat se baladait dans Paris avec des livres et une marmite de chocolat chaud. A suivre sur les réseaux sociaux ou à faire venir au bureau en rassemblant dix collègues. 

 

Fashion Truck ou quand la mode s’y met…

      Pionnières à Los Angeles, Stacey Steffe et Jeanine Romo ont lancé Le Fashion Truck en janvier 2011. Elles ont adapté ce concept prometteur dans un secteur relativement statique : celui de la mode et du luxe. Puis sont venus The Vintage Mobile, Gypsy Mobile Boutique, The Styleliner,… On en dénombre une quinzaine en Californie, et au moins quarante dans tous les Etats-Unis. Ces « camions de mode » parcourent le territoire américain avec des vêtements souvent vintage, des accessoires faits maison, des pièces de créateurs. Ils sont aussi présents sur des festivals et collaborent avec des boutiques. Alors que le digital prend de l’ampleur, on remarque un retour à l’humain, à l’authentique et à la qualité. Face à la crise, c’est une alternative pour nos recessionistas Les propriétaires économisent sur le loyer avec un dressing roulant.  

   Joey Wolfer a beaucoup fait parler d’elle avec son Styleliner, un bushop, sorte de pop-up store de luxe. 

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