Une métropole sans pub ?

    C’est une première dans le monde. Un pur fantasme d’anti-consuméristes. Sao Paulo est la première mégalo-métropole du monde sans publicité. Depuis 2007, la capitale économique brésilienne a banni les affiches publicitaires de l’espace public. 21 millions d’habitants n’ont plus à subir ce qui était devenu une vraie pollution visuelle. La question est alors posée pour nos mégalo-métropoles : peuvent-elles protéger les citoyens en limitant l’emprise de la publicité ?

Sao Paulo, sans pub
     Le secteur publicitaire en a pris un sacré coup. Les annonceurs ont changé de stratégie publicitaire, ils se sont rabattus sur les médias du net et les réseaux sociaux, secteurs dans lesquels ils sont devenus imbattable. Et on a vu réapparaître une pratique qui date de la préhistoire des villes : les hommes-sandwichs. Cette initiative du maire démocrate a porté ses fruits. La loi (loi Clean City) a été votée à la quasi unanimité.
     Concrètement, par quoi se traduit une telle interdiction ?… On enlève les autocollants sur les bus et les taxis. On retire les milliers de panneaux. On réduit même la taille des néons des enseignes. On ne distribue plus de flyers. Finalement, il ne reste de publicité que sur le mobilier urbain, comme les abribus, et dans les métros. Résultat : on voit l’architecture, le paysage urbain ! La ville respire. 
    Les publicitaires avaient bien essayé de rappliquer en disant que, premièrement, les consommateurs (les pauvres petits !) seraient moins informés dans leur décision d’achat et que, deuxièmement, les rues seront moins sûrs car sombres en l’absence de panneaux lumineux. Le grand méchant capital est fourbe, on le savait bien. 
      Cette avancée représente une victoire de l’intérêt public sur l’intérêt privé, des citoyens sur les consommateurs. Victoire d’autant plus notable que c’est souvent dans les mégalo-métropoles que l’intérêt privé s’y fait le plus pressant. Cette petite révolution a déjà séduit les habitants. 70% d’entre eux apprécient ce changement. D’autres mégalo-métropoles pourraient suivre. Paris s’engage sur cette voie. Buenos Aires y réfléchit aussi…

Paris en pleine polémique

     En Juin 2011, la mairie de Paris a adopté un plan local pour réduire la densité des publicités. De nouvelles règles restrictives ont donc été adoptées : réduction des formats d’affichage, limitation de la publicité pour les véhicules, interdiction des panneaux aux abords des établissements scolaires…. La mairie a estimé que Paris est une zone patrimoniale et que, par conséquent, il ne fallait pas la saturer de publicités. Les élus se sont donnés comme objectif de réduire de 30% la surface publicitaire à Paris.
   Pourtant, la publicité n’a pas dit son dernier mot et conquiert de nouveaux territoires. En septembre 2011, une affiche géante de Samsung ornait la façade en travaux du Palais de justice, avec la mention : « cet affichage contribue au financement des travaux de la restauration du patrimoine du Palais de justice« . La location coûte à la marque 200 000 euros le mois. Or le coût total des travaux s’élève à 2,3 millions. Une blague ? Ce n’est pas la seule splendeur architecturale de la ville lumière à avoir été sujette à ce genre de pratiques. Idem pour l’Opéra Garnier et le Louvre…



New York, Londres et Singapour, paradis des publicitaires
        Dans certaines mégalo-métropoles, la publicité pénètre l’espace public de manière tellement forte que la frontière entre le marketing et le reste n’est plus très visible. 

     A Singapour par exemple, les parterres des stations de métro peuvent être entièrement recouverts de publicités. Idem pour les escalators… L’institution dédiée aux arts de la scène, « The esplanade« , montre à quel point les sponsors disposent d’espaces variés et importants pour accroître la visibilité de la marque et avoir un retour sur l’investissement. 

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     Les JOs de Londres prouve une fois de plus qu’il n’y a pas de limites à la toute-puissance des marques et de leur religion : la consommation. A l’entrée du parc des JOs trône Westfield, le plus grand centre commercial d’Europe, avec ses 300 magasins, ses 70 restaurants et son casino. Obligés de le traverser pour accéder aux JOs. pris au piège de la consommation. La capitale britannique n’a aucune pudeur à afficher son capitalisme primaire. Les entreprises privées financent une grande partie de son « lifting » voire de ses transports : cf. le téléphérique Emirates Air Line ou le London Eye qui change de nom en changeant de sponsor (British Airways London Eye puis EDF Energy London Eye).

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