Petit Paris deviendra Grand

Les transports du Grand Paris sur les rails

      La révolution des transports en Ile-de-France est amorcée avec le premier tronçon à 5,5 milliards d’euros. Les travaux commenceraient fin 2013, pour être achevés en 2020. La Société du Grand Paris prévoit la première mise en service en 2018 de la portion entre Champs-sur-Marne et Vitry-sur-Seine.

       Paris n’a aucun intérêt à isoler l’intra muros. La région parisienne n’a plus qu’un seul centre. Même si le projet des transports du Grand Paris ne doit pas s’arrêter là, c’est une avancée considérable. Certes la capitale a pris conscience de l’importance de nouvelles liaisons vers les aéroports, de la nécessité de liaisons banlieue-banlieue et d’une rocade de TGV. Mais elle voit aussi au delà de son agglomération, en prévoyant de renforcer et de mieux connecter le port industriel et de mettre en valeur du transport fluvial.

      Outre le début des travaux, la consultation destinée à désigner l’architecte-conseil qui coordonnera la conception des 72 futures gares du Grand Paris a abouti. Celui qui sera en charge de concevoir une nouvelle génération de gares sera Jacques Ferrier. Le lauréat a séduit avec son idée de « gare sensuelle », c’est-à-dire qui fait appel aux sens. Son projet met l’humain et le quotidien au cœur du projet d’architecture, faisant de la gare un lieu de vie. En effet, il imagine des lieux connectés, au service des voyageurs, et des centres de vie pour les habitants, bien intégrés dans la ville. La gare sensuelle se conçoit à la fois comme laboratoire de l’urbanité contemporaine et comme espace où s’expérimentent de nouvelles manières d’être et de vivre ensemble. Quand on sait l’importance de bien gérer les flux, la tâche n’est pas anodine.  

       Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du logement, aussi en charge du Grand Grand, a déclaré : « Le Grand Paris n’aurait pas de sens s’il se construisait pour ses concurrents plutôt que pour ses habitants. Le Grand Paris ne sera pas Dubaï-sur-Seine« . A la fin de l’année, la Société du Grand Paris se dotera d’un laboratoire des maquettes des gares qui pourra être ouvert aux partenaires mais aussi au public. Ainsi, les futurs usagers et riverains pourront suivre les projets. 

  

Une exposition universelle à Paris en 2025 ?

     Nicolas Sarkozy avait proposé une candidature de Paris aux Jeux Olympiques 2024 en avril dernier. Si les raisons purement financières ne doivent pas suffire à écarter un tel projet d’envergure mondiale, il semble que les JOs ne soient pas l’événement dont la France ait besoin pour rayonner. Les retombés économiques et en terme d’images seront probablement insuffisants compte tenu des dépenses nécessaires.

     Par contre, une Exposition Universelle vers 2025 serait beaucoup plus appropriée. Ce que Londres a réussi à faire ces dernières années, Paris doit le faire et doit donner au projet du Grand Paris une perspective à caractère mondial. Défendue par le député-maire de Neuilly-sur-Seine M. Fromantin, ce projet vise à faire valoir les atouts de la France, à l’heure où le pessimisme ambiant, le manque de perspectives et de confiance risquent de tuer l’économie française

       En effet, la période s’annonce économiquement difficile. La France a d’autant plus besoin d’un projet porteur, de retrouver de l’ambition et de la fierté. L’austérité ne suffira pas. Si la France et sa capitale ne s’inscrivent pas dans une nouvelle dynamique d’innovation, de découverte et de progrès, elle ne fera pas partie des grandes nations de demain. 

     Depuis 75 ans, la France n’avait plus accueilli de grande exposition mondiale. En 1900, l’Exposition du Siècle, organisée à Paris, dans le prolongement de celles de 1855, de 1867, de 1878 et de 1889, avait attiré plus de 50 millions de visiteurs, chiffre impressionnant pour l’époque. Ces événements planétaires ont stimulé la confiance en l’avenir et se sont révélés être de puissants leviers de développement pour les industries françaises, l’urbanisme de la capitale et la culture. Certains savoir faire sont ainsi devenus des références universelles et ont permis un rayonnement de la France dans le monde. Le choix s’effectuant en 2017-2018, il faudra donc porter cette candidature entre 2015 et 2016 auprès des différents pays du monde et du Bureau International des Expositions.

     L’équipe qui soutient ce projet voudrait faire de cette exposition une occasion de mettre en scène le patrimoine français. Les formes immatérielles d’expression et de communication permettraient aux civilisations de se retrouver et d’échanger. Dans cette perspective, le Grand Paris et les métropoles régionales françaises seraient les pivots de cette organisation.

      On pourrait s’attendre à des retombées économiques non négligeables grâce aux 7 ans nécessaires à la préparation et aux 6 mois de la durée de l’événement. C’est aussi une formidable occasion pour la France de montrer que Paris n’est plus coincée intra muros mais qu’il s’agit d’une ville globale, moderne, ambitieuse et parfaitement connectée.

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