Un aéroport flottant pour Londres ?

Heathrow tourne déjà à plein régime

    L’aéroport de London-Heathrow est l’un des aéroports les plus fréquentés au monde : premier en Europe et premier du monde en terme de passagers internationaux. Il dispose de six terminaux et de deux pistes qui tournent déjà à 98% de leur capacité. Utilisé à son maximum, il ne peut donc pas faire face à l’augmentation prévue du trafic aérien. Soit il faut l’étendre, ce qui semble poser de nombreux problèmes (l’ouverture d’une troisième piste crée une polémique), soit il faut construire un nouvel aéroport pour une ville qui en a déjà six.

  

London Britannia, un projet d’aéroport sur la Tamise

    Le cabinet d’architectes Gensler a imaginé un aéroport flottant au milieu de l’estuaire de la Tamise. Cet aéroport serait composé de quatre pistes de cinq kilomètres. La structure même de l’aéroport serait ancrée dans le fond marin plutôt que reliée à la terre. Les projets antérieurs d’aéroport sur la tamise prévoyaient au contraire la création d’une île artificielle. Trois parkings seraient construits sur des terrains à proximité, depuis et vers lequel il serait possible de se rendre par l’intermédiaire d’une ligne de métro : un au nord de l’estuaire, un au sud et le dernier entre le Parc Olympique et Canary Wharf. Les terminaux seraient reliés au centre de Londres par un métro rapide, au reste du pays grâce à des liaisons marines et ferroviaires ainsi qu’au reste de l’Europe grâce à son intégration au réseau de grande vitesse européen

     L’emplacement sur l’eau a plusieurs intérêts. D’abord, il s’agit d’utiliser avec intelligence le peu d’espace encore disponible dans l’agglomération. Ensuite, il réduirait la pollution sonore et éviterait la démolition de zones d’habitations existantes. Enfin, les départs et arrivées pourraient être envisagés à toute heure. L’aéroport serait ainsi opérationnel  24 heures sur 24

     Un tel projet nécessite de mobiliser le savoir faire de la Grande Bretagne, leader mondial dans le domaine de la construction marine. L’infrastructure flottante serait par définition flexible, permettant par exemple de déplacer des pistes lors de maintenances voire d’agrandir la capacité sans trop de difficultés : jusqu’à 6 pistes seraient possibles. De plus, l’aéroport a aussi été pensé pour générer une grande de l’énergie nécessaire grâce à des turbines marines le long des pistes flottantes.

      Extrêmement ambitieux car cher (estimé à 50 millions de livres sterling), ce nouvel aéroport pourrait satisfaire bon nombre de Londoniens qui s’opposent à l’extension d’Heathrow. Il ferait de la capitale britannique la principale porte d’entrée pour l’Europe et un exemple en matière d’innovation dans le domaine de la construction aéroportuaire.

     Chris Johnson, directeur du projet chez Gensler :

     “This is a once in a century project that will build on the capital’s reputation for innovation and creativity and provide a new symbol of national pride. This is a fantastic opportunity to rethink the problems created by a redundant 20th century airport model and provide a genuine 21st century airport that creates a new standard for the world, minimising nuisance and maximising environmental benefits.”

  

Heathrow transformé en éco-village

      Le projet comprend aussi la réhabilitation de l’aéroport d’Heathrow, qui deviendrait le plus grand projet d’expansion urbaine en Europe et développerait un éco-village : Heathrow Gardens. En résuteraient des logements pour 300 000 personnes et du travail pour 200 000.  

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