Le métrosexuel mue en spornosexuel et datasexuel

Notre métrosexuel a 20 ans cette année. Mais depuis le temps, il a bien changé. Il semble aujourd’hui moins caricatural et n’est plus l’apanage des professionnels de la pub et des sociologues. Le métrosexuel est devenu mainstream. Tellement qu’on a peine à imaginer qu’au début des années 90, beaucoup n’y voyaient qu’un terme marketing et non le résultat d’un vrai changement. Les chiffres sont éoquents : en Grande-Bretagne par exemple, la nouvelle génération d’hommes dépense plus pour des chaussures par an que les femmes.

Le métrosexuel des années 2010 utilise les réseaux sociaux pour soigner son image et utilise surtout son propre corps comme un outil et un accessoire pour exister et séduire. 

 

Un métrosexuel extrême, devenu SPORNOSEXUEL

C’est le papa du métrosexuel, Mark Simpson, qui l’a dit lui-même : le métrosexuel est mort, longue vie au spornosexuel ! Le spornosexuel est une version encore plus extrême, encore plus obsédée par le corps et le sexe. Le sporno (mot-valise, contraction de sport et porno) s’est complètement intégré dans le paysage médiatique : ces joueurs sportifs dans des positions suggestives voire carrément explicites, ces corps mis en scène dans les vestiaires. Le monde de la mode a lancé le phénomène et a profité d’un marché florissant.  

Le désir d’être désiré et le narcissisme ne sont plus que des attributs féminins. Il est désormais tout à fait naturel pour la nouvelle génération d’hommes métrosexuels de prendre très minutieusement soin de leur corps : muscles surdéveloppés, régimes alimentaires, tatouages, piercings, barbes entretenues,… Ils s’objectifient volontiers et cherchent à tout prix à être des objets de désir sexuel. Contrairement à la première génération de métrosexuels, les fringues et les produits de beauté passent au second plan et c’est le corps lui-même qui devient l’accessoire ultime de leur domination. A l’époque, il n’y avait bien que quelques magazines de luxe pour cultiver cet univers métrosexuel. Aujourd’hui, les réseaux sociaux avec leurs selfies et le porno sont les principaux vecteurs du désir masculin d’être désiré. Voilà finalement le dernier stade du capitalisme : rendre son propre corps objet pour vendre une image. La commercialisation du corps a résisté pendant longtemps à la gente masculine. Cette époque est résolue. 

David Beckham, sportif superstar et cliché du métrosexuel

David Beckham, sportif superstar et cliché du métrosexuel

Faites le test (en anglais) : Etes-vous Spornosexuel ?

http://www.telegraph.co.uk/men/the-filter/10891810/Quiz-Are-you-a-spornosexual.html

 

L’alter ego numérique du métrosexuel : le DATASEXUEL

Les métrosexuels ont depuis peu leurs équivalents numériques : les datasexuels, une nouvelle tribu urbaine narcissique et hyperconnectée qui monitore sa vie sur les réseaux sociaux. Le terme est évidemment composé de « data » (données) et de « sexuel ». Il a été inventé en avril 2012 par l’américain Dominic Basulto, digital thinker dans une agence new-yorkaise, qui publie l’article Meet the Urban Datasexual sur le site Big Think.  

Avec un ego digital qui ne cesse de trouver des outils pour se nourrir,  le datasexuel se soucie de manière obsessionnelle de son apparence numérique, pensant que ses données la rendent sexy. Cet être geek est hyperconnecté aux réseaux que ce soit avec son smartphone, sa tablette, son ordinateur ou demain avec tout type d’objets connectés. Il collecte quotidiennement des statistiques personnelles et n’hésite pas à les partager en ligne. Il ne sait plus vivre sans internet et fait de la flexibilité un mode de vie, c’est un slasher.

La banalisation de collecte de données personnelles et la mode des infographies ont fait évoluer les métrosexuels vers la datasexualité. Ils placent leur image numérique au coeur des préoccupations : un nouvel égocentrisme et une séduction 3.0. !

 

Faites le test (infographie) : Quel datasexuel êtes-vous ?

Datasexuel

 

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